Marcel commente le dernier film d'Ingmar Bergman.
Dimanche 23 avril.
Semaine calme, dans l'ensemble. Marcel s'est couché tous les soirs à 21h. Hier, samedi, il a travaillé sur son récit "La Mort du Paysage" au magnétophone.
Il sort le soir de ce dimanche. Pas de parisien de passage. Quel ennui! A part les voyous et les anciens copains, il n'y a rien à foutre. Mardi soir, à la gare, Jacques s'est fait casser la figure dans les tasses. Ce soir, un habitué lui fait part, lui aussi, de la façon dont deux mecs l'ont volé. Il se trouve que ces deux mecs, Marcel les connaît parfaitement. Ils viennent d'ailleurs lui dire bonjour, un peu plus tard. Rue du Baillage, il tombe sur une grosse tante qui l'emmène chez elle boire un scotch. Quel cinéma! Lumières tamisées, collection de disques rétros, et chemise noire largement ouverte sur sa poitrine velue qui contraste tellement avec sa figure poupine et poudrée. Marcel part à 1h30, refusant sa proposition de rester coucher avec lui. Il retourne rue du Baillage à la recherche d'un habitué pour le remonter chez lui. Il le trouve enfin à 2h, à la gare où il est retourné, et c'est le type en Mercedes bleu marine qui lui tournait autour l'autre jour. Il le laisse devant la grille et va se coucher.
Depuis vendredi soir Martin est chez Rolande. Dans sa lettre, Marcel lui avait demandé de ne pas venir le voir, et Martin obéira.
Mais ce dimanche après-midi, il a profité de la visite de Claudine pour aller avec elle voir le dernier Bergman : "Le lien" (The Touch). Rentré chez lui, il en a fait l'analyse suivante :
Une femme, la trentaine, mariée, deux gosses, est heureuse dans sa maison, avec un magnifique jardin. Elle est vraiment très heureuse, celà se voit, celà s'entend. Arrive un type complexé, timide, barbu, égoïste, qui la désire. Pourquoi? Il n'en sait certainement rien lui-même. Toujours est-il qu'il lui avoue qu'il l'aime, presque devant son mari. Elle est émue, puis celà semble l'amuser, la distraire. Elle fait son ménage, sa lessive, et va se donner à lui. S'aperçoit-il qu'elle ne l'aime pas plus qu'il ne l'aime? Il la brutalise pour affirmer son désir. Elle retourne à son mari, à la tendresse de celui-ci, tout en continuant à se faire bousculer par son amant. Ce dernier, qui s'est pris au jeu, voudrait l'avoir tout à lui. Il désire non seulement la bousculer mais que, pour sa satisfaction à lui, elle bouscule sa propre vie de bourgeoise bien installée. Elle s'y refuse, espérant un instant que les deux hommes s'entendront et sauront se la partager sans faire d'histoire. C'est compter sans l'égoïsme de chacun. Le mari, qui en a ras-le-bol, va rendre visite à l'amant : "C'est à ma femme de décider : vous ou moi". Elle est bien embêtée. Elle est enceinte, et son amant la plaque. Elle s'aperçoit, vieillie, fatiguée, qu'elle a prêté le flanc au scandale. Trop tard. Elle a dit "amen" à un amant grossier et a perdu de sa vitalité au bénéfice du doute. Il revient, la réclame. Elle refuse. De toute façon, elle est foutue. Rien ne sera plus comme avant. Le remord et la tristesse la guettent définitivement.
Bergman traite tout celà avec maîtrise, même s'il semble y avoir des flottements dans sa mise en scène. C'est l'histoire d'un fait divers, d'une tromperie qui ouvre sur du vide, le vide hallucinant de la mort. La scène de la réception est extraordinaire à ce point de vue-là : la femme entourée, satisfaite d'avoir fait plaisir à son mari et à ses hôtes, qui éprouve brusquement le besoin d'aller s'avilir dans les bras de son amant, dans une chambre sordide qu'elle ne pense même plus à arranger comme elle en avait eu l'idée au tout début de leur liaison.
Ce n'est pas un film sur l'amour, c'est un film sur la destruction du couple.
Lundi 24.
Rolande arrive au bureau, livide, fourbue par son week-end passé avec Martin. Marcel se garde bien de lui poser des questions.
La soirée s'annonce on-ne-peut-plus-bizarroïde. Rue du Baillage, un homme tourne en rond pendant une heure sans s'arrêter (ou si loin, ou si mal, ou si peu, que ça n'en vaut pas la peine) tandis que deux tapineuses se foutent une trempe devant leurs copines, leurs mecs et leurs clients (très amusés, ces derniers) et Marcel se retrouve à 23h seul à la gare, sans lumières, sans taxis, et complétement déboussolé, à tel point que lorsque Jacques s'arrête pour lui proposer de le raccompagner, il ne fait même pas attention à lui et le laisse repartir... A 23h30, commençant vraiment à avoir la trouille, il se jette sur la seule voiture qui veut bien s'arrêter, et aborde le conducteur. Il s'appelle Pierre.
Une heure de discussion, rue des Sapins, assis sur le lit, sans se toucher. Ils s'évitent physiquement. Marcel joue à : qui va se lancer le premier? Et pourtant il a une envie terrible de lui prendre la main. Pierre n'arrête pas de lui dire qu'il doit rentrer, qu'il va rentrer. La Caballé chante "Depuis le jour où je me suis donnée....". Il est une heure du matin quand Pierre l'embrasse, enfin. Son regard, aigu, hautain, devient soudain fragile. Il se brise en deux, il est ému. Il s'écroule. Marcel le rassure, lui promet d'être doux, conciliant, amoureux peut-être, en tout cas romantique comme il se doit quand on sait que le monde est cruel, et qu'en se donnant quelques instants il faut savoir se reprendre la minute suivante.
mercredi 8 juillet 2009
mardi 7 juillet 2009
La (petite) vie de Marcel -43
Marcel se méfie de l'amour Rolande-Martin.
Lundi 10 avril.
Rolande avoue son amour. Marcel espère seulement que Martin éprouve pour elle des sentiments analogues. Malheureusement, il en doute. Au bureau, évidemment, elle ne parle que de lui.
Mardi 11.
Coup de téléphone, peu après 9h30, de Jacques. Rendez-vous pris, à 19h30, devant Saint-Ouen. Et puis, vers 10h, nouvel appel, mais cette fois de Martin pour Rolande. Marcel lui conseille d'aller le prendre chez les inspecteurs, qui sont partis faire leurs enquêtes. Elle revient et elle s'extasie sur la voix "charmante" du Guadeloupéen. Il se met brusquement en boule : "Non! Il n'a pas une voix charmante. Il a une voix de snob! Il a la voix d'un mec qui s'écoute constamment parler!". Mais elle n'en démord pas. Elle se voit déjà en train de descendre les Champs Elysées à son bras, tenant en laisse les deux lévriers... Après tout, si ça l'amuse....
Marcel préfère la réalité : Jacques, qui en a marre de l'entendre lui réclamer son bracelet, lui refile 70F après l'acte sexuel. Marcel va pouvoir s'acheter un pantalon.
Vendredi 14.
Il débarque au Havre, avec Rolande, à 19h30. Un os : depuis mardi, Martin n'a pas re-téléphoné. Il doit passer vers 23h. Rolande est tout excitée à la pensée de le revoir. Elle fait sa toilette, se prépare pour le recevoir. Il se pointe à l'heure prévue. Il lui prend les mains, les lui tripote, lui susurre des mots doux à l'oreille. Au bout d'une demi-heure de flirt, qui fait bailler Marcel d'ennui, celui-ci la voit tourner au vert lorsque Martin lui demande à quelle heure il passera le lendemain pour le déjeuner. Evidemment, ça jette un froid. Claudine arrive, et ils conviennent de garder Martin à manger, demain midi. Il s'en va. Rolande, quelque peu déçue, couche seule dans le divan.
Samedi 15.
Le déjeuner se passe bien, mais la mollesse de Martin énerve Marcel. Avec Claudine, il va chercher des disques à la Bibliothèque de Prêt, puis ils rentrent attendre les Sammy, qui se pointent à 18h, après avoir tourné en rond durant une demi-heure. Le soir, ils vont chez Martin. Comme Claudine travaille et ne pourra les rejoindre qu'à minuit, ils vont au cinéma voir le long, verbeux et épuisant dernier film de Sergio Leone "Il était une fois la révolution". Ils en sortent à minuit trente, déjà crevés. Claudine les rejoint et ils vont manger chez Martin. Marcel se cantonne dans une attitude distante, voire "égoïste" durant tout le diner. Il n'est pas épaté par ce mec qui ne pense qu'à se mettre en valeur alors qu'il n'offre même pas une serviette à ses invités. Et puis le menu laisse à désirer : soupe de poissons (beurkh), poulet froid (fade et à peine cuit) et mayonnaise, glace et vin de Bordeaux. La discussion l'ennuie, la musique est insignifiante. Il a hâte de retourner coucher chez Claudine. Les Sammy les accompagnent. Rolande reste avec Martin.
Dimanche 14.
Lever de rideau avec Réjane qui réveille Marcel et Claudine, et leur apporte le petit-déjeuner au lit. Ils partent pour Rouen à 10h30. Resté seul, les deux autres mangent, tranquilles, et s'habillent : Claudine en robe Cacharel, Marcel en chemise de soie rouille, débardeur bleu, pantalon de toile bleu clair. Ils s'installent sur le divan et écoutent La Caballé. Ils avaient dit à Martin, hier, qu'ils passeraient les voir à 14h30. Les voyant arriver à 13h30, Marcel est irrité. Claudine ne veut pas leur ouvrir. Mais il est trop tard. Ils entrent. "Que viennent-ils faire?" rouspète Claudine. Ils ne restent pas longtemps : le mutisme des uns, les chansons espagnoles de La Caballé, les font fuir, déçus et vexés. Claudine a remarqué que Rolande, au contact de Martin, devient aussi snob que lui. De peur de les voir se radiner avec un bouquet de fleurs ou une boite de chocolats pour se faire pardonner leur intrusion, ils vont faire un tour à la plage voir le France arriver, mais le froid les saisit. Claudine, rentrée, s'écroule sur le lit : crise de foie, mal au coeur. Marcel la quitte, à 19h30 et, une fois rentré chez lui, se retrouve courbé sur son évier, en train de dégueuler la soupe de poissons et la glace. "Martin, s'écrie-t-il devant la glace, tu me le payeras!".
Mercredi 19.
Hier, visite de Claudine, qui lui apprend que Martin est venu la voir, dimanche soir, pour lui faire une scène. "Si j'avais su, lui dit-elle, je ne lui aurais même pas ouvert!". Martin s'est plaint de tout : même le week-end passé à Rouen, il y a 15 jours, ne lui a pas plu. Il n'a pas apprécié d'être allé à la Maison des Jeunes, de s'être couché à 20h15 avec Marcel vendredi soir, et que celui-ci mène tout le monde par le bout du nez (même Réjane!). Il paraît aussi qu'il ne voulait pas que Rolande reste coucher chez lui samedi dernier, etc, etc....
Marcel décide de lui écrire pour le remettre à sa place.
Aujourd'hui, le chef le fait venir dans son bureau et lui annonce, le sourire aux lèvres, que son départ en vacances avec Rolande est impossible. Parce que Peter quittera bientôt son poste. S'il croyait le voir se lamenter, c'est râpé, car Marcel s'en fout : depuis lundi il est de nouveau brouillé avec sa collègue, à cause de Martin. Et Claudine, devinant que Rolande n'aurait pas mis un sou de côté avant de partir, hésitait à l'emmener. Ainsi donc le problème est résolu : Marcel et Claudine partiront seuls à Venise.
Lundi 10 avril.
Rolande avoue son amour. Marcel espère seulement que Martin éprouve pour elle des sentiments analogues. Malheureusement, il en doute. Au bureau, évidemment, elle ne parle que de lui.
Mardi 11.
Coup de téléphone, peu après 9h30, de Jacques. Rendez-vous pris, à 19h30, devant Saint-Ouen. Et puis, vers 10h, nouvel appel, mais cette fois de Martin pour Rolande. Marcel lui conseille d'aller le prendre chez les inspecteurs, qui sont partis faire leurs enquêtes. Elle revient et elle s'extasie sur la voix "charmante" du Guadeloupéen. Il se met brusquement en boule : "Non! Il n'a pas une voix charmante. Il a une voix de snob! Il a la voix d'un mec qui s'écoute constamment parler!". Mais elle n'en démord pas. Elle se voit déjà en train de descendre les Champs Elysées à son bras, tenant en laisse les deux lévriers... Après tout, si ça l'amuse....
Marcel préfère la réalité : Jacques, qui en a marre de l'entendre lui réclamer son bracelet, lui refile 70F après l'acte sexuel. Marcel va pouvoir s'acheter un pantalon.
Vendredi 14.
Il débarque au Havre, avec Rolande, à 19h30. Un os : depuis mardi, Martin n'a pas re-téléphoné. Il doit passer vers 23h. Rolande est tout excitée à la pensée de le revoir. Elle fait sa toilette, se prépare pour le recevoir. Il se pointe à l'heure prévue. Il lui prend les mains, les lui tripote, lui susurre des mots doux à l'oreille. Au bout d'une demi-heure de flirt, qui fait bailler Marcel d'ennui, celui-ci la voit tourner au vert lorsque Martin lui demande à quelle heure il passera le lendemain pour le déjeuner. Evidemment, ça jette un froid. Claudine arrive, et ils conviennent de garder Martin à manger, demain midi. Il s'en va. Rolande, quelque peu déçue, couche seule dans le divan.
Samedi 15.
Le déjeuner se passe bien, mais la mollesse de Martin énerve Marcel. Avec Claudine, il va chercher des disques à la Bibliothèque de Prêt, puis ils rentrent attendre les Sammy, qui se pointent à 18h, après avoir tourné en rond durant une demi-heure. Le soir, ils vont chez Martin. Comme Claudine travaille et ne pourra les rejoindre qu'à minuit, ils vont au cinéma voir le long, verbeux et épuisant dernier film de Sergio Leone "Il était une fois la révolution". Ils en sortent à minuit trente, déjà crevés. Claudine les rejoint et ils vont manger chez Martin. Marcel se cantonne dans une attitude distante, voire "égoïste" durant tout le diner. Il n'est pas épaté par ce mec qui ne pense qu'à se mettre en valeur alors qu'il n'offre même pas une serviette à ses invités. Et puis le menu laisse à désirer : soupe de poissons (beurkh), poulet froid (fade et à peine cuit) et mayonnaise, glace et vin de Bordeaux. La discussion l'ennuie, la musique est insignifiante. Il a hâte de retourner coucher chez Claudine. Les Sammy les accompagnent. Rolande reste avec Martin.
Dimanche 14.
Lever de rideau avec Réjane qui réveille Marcel et Claudine, et leur apporte le petit-déjeuner au lit. Ils partent pour Rouen à 10h30. Resté seul, les deux autres mangent, tranquilles, et s'habillent : Claudine en robe Cacharel, Marcel en chemise de soie rouille, débardeur bleu, pantalon de toile bleu clair. Ils s'installent sur le divan et écoutent La Caballé. Ils avaient dit à Martin, hier, qu'ils passeraient les voir à 14h30. Les voyant arriver à 13h30, Marcel est irrité. Claudine ne veut pas leur ouvrir. Mais il est trop tard. Ils entrent. "Que viennent-ils faire?" rouspète Claudine. Ils ne restent pas longtemps : le mutisme des uns, les chansons espagnoles de La Caballé, les font fuir, déçus et vexés. Claudine a remarqué que Rolande, au contact de Martin, devient aussi snob que lui. De peur de les voir se radiner avec un bouquet de fleurs ou une boite de chocolats pour se faire pardonner leur intrusion, ils vont faire un tour à la plage voir le France arriver, mais le froid les saisit. Claudine, rentrée, s'écroule sur le lit : crise de foie, mal au coeur. Marcel la quitte, à 19h30 et, une fois rentré chez lui, se retrouve courbé sur son évier, en train de dégueuler la soupe de poissons et la glace. "Martin, s'écrie-t-il devant la glace, tu me le payeras!".
Mercredi 19.
Hier, visite de Claudine, qui lui apprend que Martin est venu la voir, dimanche soir, pour lui faire une scène. "Si j'avais su, lui dit-elle, je ne lui aurais même pas ouvert!". Martin s'est plaint de tout : même le week-end passé à Rouen, il y a 15 jours, ne lui a pas plu. Il n'a pas apprécié d'être allé à la Maison des Jeunes, de s'être couché à 20h15 avec Marcel vendredi soir, et que celui-ci mène tout le monde par le bout du nez (même Réjane!). Il paraît aussi qu'il ne voulait pas que Rolande reste coucher chez lui samedi dernier, etc, etc....
Marcel décide de lui écrire pour le remettre à sa place.
Aujourd'hui, le chef le fait venir dans son bureau et lui annonce, le sourire aux lèvres, que son départ en vacances avec Rolande est impossible. Parce que Peter quittera bientôt son poste. S'il croyait le voir se lamenter, c'est râpé, car Marcel s'en fout : depuis lundi il est de nouveau brouillé avec sa collègue, à cause de Martin. Et Claudine, devinant que Rolande n'aurait pas mis un sou de côté avant de partir, hésitait à l'emmener. Ainsi donc le problème est résolu : Marcel et Claudine partiront seuls à Venise.
dimanche 5 juillet 2009
La (petite) vie de Marcel -42
Marcel n'entend parler que de Martin.
Mardi 4 avril.
Au bureau, le chef est de nouveau de très mauvais poil.
Rolande raconte à Marcel une partie de son cauchemar : il tuait des tas de gens à la mitraillette et il voulait qu'elle soit avec lui. Elle refusait, s'enfuyait, et les hommes se lançaient à sa poursuite. Marcel lui explique que c'est le sentiment de culpabilité qui la poursuit depuis que l'inspecteur lui a mis la main dessus et qu'elle s'est débinée, le livrant seul à la police.
Mercredi 5.
Coup de téléphone de Martin, à 16h30. Il lui annonce son désir de passer le week-end avec lui. Il doit le retrouver vendredi à 18h15 au Café des Postes. Marcel accepte de le revoir.
Jeudi 6.
Coup de téléphone de Jacques, vers 17h, que Marcel prend pour Martin. Quand il s'aperçoit que ce n'est pas ce dernier, il l'a plutôt mauvaise. Il lui dit séchement de le rappeler la semaine prochaine.
Visite de Claudine, à 18h, qui semble ne plus voir que par Martin. Elle a décidé de s'acheter un "dépareillé" chez Elda (chemisier marron et jupe grège). Elle monte avec lui rue des Sapins et ne parle que de Martin, de ses chiennes et de ses amis.
Vendredi 7.
C'est fou ce qu'il s'emmerde au bureau. Ils ont une autre dactylo, qui leur vient du Labo, et qui attire tous les mâles auprès d'elle (Gruyère, Peter évidemment, mais aussi Lerméchant). Ils ont décidé, Rolande et lui, de la faire chier. Toute la journée ils ne parlent devant elle que de bites et de culs.
Coup de téléphone de Martin, à 17h, qui lui annonce qu'il part du Havre pour venir le chercher. Marcel est à 18h15 au Café des Postes, mais il n'est pas là. Il commande un Martini et il s'aperçoit qu'il n'a pas assez d'argent sur lui pour le payer. Très malin, n'est-ce pas? Et Martin qui n'arrive toujours pas! Il se pointe enfin à 19h, et Marcel se rend compte qu'il n'éprouve aucune joie à le retrouver. Ca commence bien. Il lui fait payer son Martini et l'emmène manger à la Maison des Jeunes ("Si ça ne lui plaît pas, faudra qu'il aboule le fric pour aller bouffer au restaurant!"). Puis ils montent rue des Sapins. Ils font l'amour, pas mal, mais Marcel a un mal fou ensuite à s'endormir. D'abord il y a ses jeunes voisins qui font un boucan infernal, ensuite et surtout il y a les deux chiennes qui montent sans arrêt sur le lit. Enfin, à 2h du matin, il arrive tout de même à s'endormir.
Samedi 8.
Le réveil est assez décevant. Marcel est fatigué et a envie d'être seul. Ils se lèvent, font leur toilette, et partent. Ils tournent en rond du côté de Maromme pour trouver un coin qu'ils ne trouvent pas (pour faire courir les chiennes). Comme Marcel s'y attendait, Martin ne souhaite pas retourner à la Maison des Jeunes, et lui repropose le Café des Postes. Marcel accepte le repas du jour (steak-frites) mais se venge en critiquant tout : le bruit, la tête des gens, le beefsteak trop cuit, et le laisse payer. Ils rentrent rue des Sapins, il lui met de la musique qui a pour effet de l'endormir. C'est alors qu'il remarque que les deux chiennes ont des habitudes vraiment bizarres : il suffit qu'une paire de fesses se pointe à l'horizon pour qu'elles éprouvent le besoin de se servir de leurs langues... drôle d'éducation!
A 15h30 ils vont chercher Claudine à la gare. Ils vont chez Elda où elle fait sa coquette en s'achetant son "dépareillé" Cacharel comme promis.
Ils débarquent chez Rolande pour l'apéritif. Elle est énervée, et Marcel n'a pas besoin de frotter sa lampe magique pour constater qu'elle est amoureuse de Martin : celà saute aux yeux, et comme souvent elle le frappe aussitôt par son vocabulaire agressif.
Après le dîner, qui s'est passé à la Maison des Jeunes (cette fois, Martin a bien été obligé de cèder) ils retrouvent les Sammy. En parlant voiture, Martin n'a aucun mal à les conquérir. C'est Marcel qui propose d'aller finir la soirée à la Cigale. En refusant de danser, il encourage Rolande et Martin à flirter. Claudine étant occupée avec un mec assez tarte, il se retrouve seul. Quelle importance? Et c'est un Martin étranger qu'il retrouve dans son lit, à 4h du matin. Claudine est allée coucher chez Rolande. Elles étaient dans une forme exceptionnelle.
Dimanche 9.
Tout le monde, d'ailleurs, sera dans cette forme ce dimanche-là, sauf Marcel, bien entendu. Mais il fera son possible pour ne pas le laisser paraître. Ils retrouvent les Sammy et ils partent pour Dieppe. C'est Marcel qui invite Rolande à monter dans la voiture de Martin, tandis qu'il monte avec Claudine dans celle des Sammy. Ils débarquent à Dieppe où les chiennes font évidemment sensation. Réjane et Patrice qui disaient dimanche dernier que c'étaient des chiennes de riche, se disputent Ouraka, la brune dont la grandeur et les longs poils attirent tous les regards. Ils vont dans un bistrot où ils sont pris de fou-rire à propos d'une vieille habituée assez démente. Ils repartent pour être à 18h au Café des Postes, puis ils vont manger chez les Sammy. Réjane et Patrice sont irrésistibles, mais Claudine l'est encore plus, ce qui épate beaucoup Marcel. A 22h30 il faut pourtant se séparer, Claudine rentrant au Havre avec Martin.
Mardi 4 avril.
Au bureau, le chef est de nouveau de très mauvais poil.
Rolande raconte à Marcel une partie de son cauchemar : il tuait des tas de gens à la mitraillette et il voulait qu'elle soit avec lui. Elle refusait, s'enfuyait, et les hommes se lançaient à sa poursuite. Marcel lui explique que c'est le sentiment de culpabilité qui la poursuit depuis que l'inspecteur lui a mis la main dessus et qu'elle s'est débinée, le livrant seul à la police.
Mercredi 5.
Coup de téléphone de Martin, à 16h30. Il lui annonce son désir de passer le week-end avec lui. Il doit le retrouver vendredi à 18h15 au Café des Postes. Marcel accepte de le revoir.
Jeudi 6.
Coup de téléphone de Jacques, vers 17h, que Marcel prend pour Martin. Quand il s'aperçoit que ce n'est pas ce dernier, il l'a plutôt mauvaise. Il lui dit séchement de le rappeler la semaine prochaine.
Visite de Claudine, à 18h, qui semble ne plus voir que par Martin. Elle a décidé de s'acheter un "dépareillé" chez Elda (chemisier marron et jupe grège). Elle monte avec lui rue des Sapins et ne parle que de Martin, de ses chiennes et de ses amis.
Vendredi 7.
C'est fou ce qu'il s'emmerde au bureau. Ils ont une autre dactylo, qui leur vient du Labo, et qui attire tous les mâles auprès d'elle (Gruyère, Peter évidemment, mais aussi Lerméchant). Ils ont décidé, Rolande et lui, de la faire chier. Toute la journée ils ne parlent devant elle que de bites et de culs.
Coup de téléphone de Martin, à 17h, qui lui annonce qu'il part du Havre pour venir le chercher. Marcel est à 18h15 au Café des Postes, mais il n'est pas là. Il commande un Martini et il s'aperçoit qu'il n'a pas assez d'argent sur lui pour le payer. Très malin, n'est-ce pas? Et Martin qui n'arrive toujours pas! Il se pointe enfin à 19h, et Marcel se rend compte qu'il n'éprouve aucune joie à le retrouver. Ca commence bien. Il lui fait payer son Martini et l'emmène manger à la Maison des Jeunes ("Si ça ne lui plaît pas, faudra qu'il aboule le fric pour aller bouffer au restaurant!"). Puis ils montent rue des Sapins. Ils font l'amour, pas mal, mais Marcel a un mal fou ensuite à s'endormir. D'abord il y a ses jeunes voisins qui font un boucan infernal, ensuite et surtout il y a les deux chiennes qui montent sans arrêt sur le lit. Enfin, à 2h du matin, il arrive tout de même à s'endormir.
Samedi 8.
Le réveil est assez décevant. Marcel est fatigué et a envie d'être seul. Ils se lèvent, font leur toilette, et partent. Ils tournent en rond du côté de Maromme pour trouver un coin qu'ils ne trouvent pas (pour faire courir les chiennes). Comme Marcel s'y attendait, Martin ne souhaite pas retourner à la Maison des Jeunes, et lui repropose le Café des Postes. Marcel accepte le repas du jour (steak-frites) mais se venge en critiquant tout : le bruit, la tête des gens, le beefsteak trop cuit, et le laisse payer. Ils rentrent rue des Sapins, il lui met de la musique qui a pour effet de l'endormir. C'est alors qu'il remarque que les deux chiennes ont des habitudes vraiment bizarres : il suffit qu'une paire de fesses se pointe à l'horizon pour qu'elles éprouvent le besoin de se servir de leurs langues... drôle d'éducation!
A 15h30 ils vont chercher Claudine à la gare. Ils vont chez Elda où elle fait sa coquette en s'achetant son "dépareillé" Cacharel comme promis.
Ils débarquent chez Rolande pour l'apéritif. Elle est énervée, et Marcel n'a pas besoin de frotter sa lampe magique pour constater qu'elle est amoureuse de Martin : celà saute aux yeux, et comme souvent elle le frappe aussitôt par son vocabulaire agressif.
Après le dîner, qui s'est passé à la Maison des Jeunes (cette fois, Martin a bien été obligé de cèder) ils retrouvent les Sammy. En parlant voiture, Martin n'a aucun mal à les conquérir. C'est Marcel qui propose d'aller finir la soirée à la Cigale. En refusant de danser, il encourage Rolande et Martin à flirter. Claudine étant occupée avec un mec assez tarte, il se retrouve seul. Quelle importance? Et c'est un Martin étranger qu'il retrouve dans son lit, à 4h du matin. Claudine est allée coucher chez Rolande. Elles étaient dans une forme exceptionnelle.
Dimanche 9.
Tout le monde, d'ailleurs, sera dans cette forme ce dimanche-là, sauf Marcel, bien entendu. Mais il fera son possible pour ne pas le laisser paraître. Ils retrouvent les Sammy et ils partent pour Dieppe. C'est Marcel qui invite Rolande à monter dans la voiture de Martin, tandis qu'il monte avec Claudine dans celle des Sammy. Ils débarquent à Dieppe où les chiennes font évidemment sensation. Réjane et Patrice qui disaient dimanche dernier que c'étaient des chiennes de riche, se disputent Ouraka, la brune dont la grandeur et les longs poils attirent tous les regards. Ils vont dans un bistrot où ils sont pris de fou-rire à propos d'une vieille habituée assez démente. Ils repartent pour être à 18h au Café des Postes, puis ils vont manger chez les Sammy. Réjane et Patrice sont irrésistibles, mais Claudine l'est encore plus, ce qui épate beaucoup Marcel. A 22h30 il faut pourtant se séparer, Claudine rentrant au Havre avec Martin.
vendredi 3 juillet 2009
La (petite) vie de Marcel -41
Marcel fait la connaissance d'un Guadeloupéen (?).
Lundi 20 mars.
Coup de téléphone de Jacques. Marcel lui donne rdv mardi soir, à 19h30, devant Saint-Ouen. Il se couche à 21h, épuisé par son w.e.
Mardi 21.
Jacques est à 19h30 devant Saint-Ouen. Marcel a mis le paquet : blouson blanc NewMan, chemise de soie rouge-pâle Brummel, pantalon de velours noir NewMan. Mais, alors que Jacques l'admire, il lui réclame un paquet de Dunhill et le bracelet en argent promis-juré. L'homme accepte de lui donner 100F pour qu'il se l'achète, mais seulement le jour de son anniversaire...
Marcel (enragé) : Je veux le bracelet pour mon départ à Venise, le 12 juin!
Dans la chambre, rue des Sapins, ils se disputent.
Marcel : Où as-tu été, samedi?
Jacques : Je suis allé manger chez ma belle-mère, à Vernon.
Marcel (riant, se roulant sur le lit et le fixant dans les yeux) : Est-ce que tu te rends compte de ce que tu fais? Tu vas manger chez ta belle-mère, avec ta femme et tes gosses, et ta belle-mère est contente de voir les enfants, de les gâter, et elle dit à sa fille : "Tu as de la chance d'avoir un mari comme Jacques. Il est honnête, travailleur, il ne va pas boire dans les bistrots, il ne court pas les filles!". Si elle savait que tu couches avec moi, elle n'en croirait pas ses yeux, ta belle-mère! Elle te prend pour un type sérieux alors que tu mènes une bouble-vie. Mon pauvre Jacques!
Jacques (levant la main et le menaçant): Tais-toi! Ne parle pas de ça!
Marcel : Vas-y! Frappe-moi! J'adore ça!
Jacques se bat avec lui sur le lit, Marcel le met dehors. Il s'en va, écoeuré, rageur.
Mercredi 22.
Marcel a un instant le coeur battant lorsque Rolande lui apprend qu'elle a vu Jean-Marie hier soir et qu'il lui a annoncé que Georges était à la gare lundi soir, dans sa Jaguar dont il n'est pas sorti ("il ne draguait pas, il regardait mais il ne draguait pas").
Léontine arrive en retard, vers 16h. Elle s'est fait prendre aux Arcades, en train de piquer une robe. Elle raconte son exploit. Le cercle est fermé.
Jeudi 23.
Marcel sort le soir, avec l'intuition d'une rencontre avec Georges. Il veut savoir exactement ce qu'il éprouve pour lui. Or, à 22h15, lorsqu'il voit sa Jaguar arriver, il se rend compte qu'il n'éprouve rien : c'est le vide absolu. Georges le fait monter et prend la direction de Canteleu. Il s'arrête en pleine forêt, baisse son pantalon et lui ordonne de lui faire une fellation. Marcel obéit et Georges en profite pour le déculotter et lui frapper les fesses avec vigueur. Ses claques son séches. Le retour est étrangement calme et Marcel ne sait pas ce qu'il doit penser de ce nouveau comportement.
Vendredi 24.
Après avoir acheté des chaussures chez Henry's, il rencontre Michel de la Grand-Mare et, brusquement, il a avec lui la même attitude qu'avec Jacques. Michel lui dit qu'il est en vacances et qu'il voudrait qu'il monte coucher chez lui, mardi soir. "C'est ça, mon chéri! répond-il. Téléphone-moi mardi, on verra!" et il le laisse.
Dimanche 26.
Ce matin, il a fait un rêve merveilleux, comme il aime en faire. D'abord en voiture, puis en volant, il rencontre des villes aux architectures complexes, des châteaux, des sous-bois, des montagnes.
Claudine débarque à 10h30 et ils vont chez Rolande. Le problème avec elle, c'est qu'elle est incapable de s'occuper de quelqu'un durant toute une journée. Ce qui fait que, dès 17h, Claudine baille d'ennui et s'il n'y avait pas la bouteille de scotch, Marcel serait remonté chez lui avec elle. En fin de compte ils finissent par aller au cinéma, voir "Terreur aveugle"où Mia Farrow récidive dans le style "petite-fille-paumée-persécutée-consentante". Claudine a trouvé inutile la scène sado-masochiste de la marche dans la boue.
Lundi 27.
Réveillé à 5h. Beaucoup de rêves insolites. Notamment il se rend chez Mamie, et il se heurte, dans l'escalier, à des obstacles qu'il lui faut écarter : vélomoteur, poussette d'enfant, linge étendu et file de gens qui attendent Dieu-sait-quoi.
Hier soir, il s'est fait suivre par une Mercedes bleu-marine, d'abord rue du Baillage, puis à la gare, puis Boulevard de l'Yser. Le conducteur n'est jamais descendu. Ils n'ont pas fait le moindre effort pour s'aborder.
Jeudi 20.
Le midi, comme il remonte chez lui, il rencontre Henri B., qui s'arrête, lui demande de ses nouvelles, et lui signale qu'il passera peut-être le prendre un soir de la semaine prochaine, à la sortie de son bureau à 18h.
Il débarque le soir chez Claudine, au Havre, pour 4 jours.
Vendredi 31 - passé à faire des courses.
Samedi 1er avril - arrivée de Rolande, à 11h30, qui lui apprend qu'Henri B. est passé au bureau, hier à 11h45, pour voir s'il était là. L'après-midi se passe à faire d'autres courses (un tricot pour elle, deux maillots de bain pour lui et Claudine). Le soir, à 21h, ils se retrouvent à l'Empire, et vont voir l'un des plus beaux navets de l'année "Les Indésirables". Une vraie connerie. C'est la première fois qu'il voit Rolande roupiller dans un cinéma.
Dimanche 2.
Les Sammy débarquent à 16h. Le soir, après l'apéritif, le rosé, le calva, le scotch et la Sangria, Réjane n'arrête pas de faire l'andouille. Ils vont tous au lit, et Marcel sort avec Claudine car il est un peu saoul. Claudine drague un Guadeloupéen (?), grand, musclé et délicat, qui semble plutôt s'intéresser à Marcel, et qui les embarque chez lui où trônent deux superbes lévriers femelles. Un ami, Christian, les rejoint, et flirte avec Claudine dans la cuisine, pendant que Martin, le Guadeloupéen (?) essaye de persuader Marcel de faire l'amour avec lui. Marcel refuse mais lui promet de passer le voir dans l'après-midi du lendemain. Il le raccompagne en voiture. Marcel se couche à 3h du matin, Claudine un peu plus tard, mais il ne l'entend pas rentrer.
Lundi 3.
Yolande a fait un cauchemar, peu après leur retour. Elle en sera marquée toute la journée et n'ouvrira le bec qu'une fois arrivée chez elle, à 18h30. Mais en attendant, Marcel file chez Martin, à 15h, et consent à faire l'amour avec lui (bien). Claudine, qui ne s'est pourtant pas laissée faire par Christian la veille, se plaint d'avoir mal partout (?). Marcel débarque avec Martin et les deux lévriers. Les Sammy sont assez interloqués. Il y a de quoi. Puis, à 17h, ils prennent la route de Rouen, les Sammy, Rolande et Marcel, tandis que Claudine reste au Havre avec Martin.
Dîner chez les Sammy. Réjane remonte Marcel rue des Sapins. Il se couche à 21h, assez étonné de ne pas être fatigué.
Lundi 20 mars.
Coup de téléphone de Jacques. Marcel lui donne rdv mardi soir, à 19h30, devant Saint-Ouen. Il se couche à 21h, épuisé par son w.e.
Mardi 21.
Jacques est à 19h30 devant Saint-Ouen. Marcel a mis le paquet : blouson blanc NewMan, chemise de soie rouge-pâle Brummel, pantalon de velours noir NewMan. Mais, alors que Jacques l'admire, il lui réclame un paquet de Dunhill et le bracelet en argent promis-juré. L'homme accepte de lui donner 100F pour qu'il se l'achète, mais seulement le jour de son anniversaire...
Marcel (enragé) : Je veux le bracelet pour mon départ à Venise, le 12 juin!
Dans la chambre, rue des Sapins, ils se disputent.
Marcel : Où as-tu été, samedi?
Jacques : Je suis allé manger chez ma belle-mère, à Vernon.
Marcel (riant, se roulant sur le lit et le fixant dans les yeux) : Est-ce que tu te rends compte de ce que tu fais? Tu vas manger chez ta belle-mère, avec ta femme et tes gosses, et ta belle-mère est contente de voir les enfants, de les gâter, et elle dit à sa fille : "Tu as de la chance d'avoir un mari comme Jacques. Il est honnête, travailleur, il ne va pas boire dans les bistrots, il ne court pas les filles!". Si elle savait que tu couches avec moi, elle n'en croirait pas ses yeux, ta belle-mère! Elle te prend pour un type sérieux alors que tu mènes une bouble-vie. Mon pauvre Jacques!
Jacques (levant la main et le menaçant): Tais-toi! Ne parle pas de ça!
Marcel : Vas-y! Frappe-moi! J'adore ça!
Jacques se bat avec lui sur le lit, Marcel le met dehors. Il s'en va, écoeuré, rageur.
Mercredi 22.
Marcel a un instant le coeur battant lorsque Rolande lui apprend qu'elle a vu Jean-Marie hier soir et qu'il lui a annoncé que Georges était à la gare lundi soir, dans sa Jaguar dont il n'est pas sorti ("il ne draguait pas, il regardait mais il ne draguait pas").
Léontine arrive en retard, vers 16h. Elle s'est fait prendre aux Arcades, en train de piquer une robe. Elle raconte son exploit. Le cercle est fermé.
Jeudi 23.
Marcel sort le soir, avec l'intuition d'une rencontre avec Georges. Il veut savoir exactement ce qu'il éprouve pour lui. Or, à 22h15, lorsqu'il voit sa Jaguar arriver, il se rend compte qu'il n'éprouve rien : c'est le vide absolu. Georges le fait monter et prend la direction de Canteleu. Il s'arrête en pleine forêt, baisse son pantalon et lui ordonne de lui faire une fellation. Marcel obéit et Georges en profite pour le déculotter et lui frapper les fesses avec vigueur. Ses claques son séches. Le retour est étrangement calme et Marcel ne sait pas ce qu'il doit penser de ce nouveau comportement.
Vendredi 24.
Après avoir acheté des chaussures chez Henry's, il rencontre Michel de la Grand-Mare et, brusquement, il a avec lui la même attitude qu'avec Jacques. Michel lui dit qu'il est en vacances et qu'il voudrait qu'il monte coucher chez lui, mardi soir. "C'est ça, mon chéri! répond-il. Téléphone-moi mardi, on verra!" et il le laisse.
Dimanche 26.
Ce matin, il a fait un rêve merveilleux, comme il aime en faire. D'abord en voiture, puis en volant, il rencontre des villes aux architectures complexes, des châteaux, des sous-bois, des montagnes.
Claudine débarque à 10h30 et ils vont chez Rolande. Le problème avec elle, c'est qu'elle est incapable de s'occuper de quelqu'un durant toute une journée. Ce qui fait que, dès 17h, Claudine baille d'ennui et s'il n'y avait pas la bouteille de scotch, Marcel serait remonté chez lui avec elle. En fin de compte ils finissent par aller au cinéma, voir "Terreur aveugle"où Mia Farrow récidive dans le style "petite-fille-paumée-persécutée-consentante". Claudine a trouvé inutile la scène sado-masochiste de la marche dans la boue.
Lundi 27.
Réveillé à 5h. Beaucoup de rêves insolites. Notamment il se rend chez Mamie, et il se heurte, dans l'escalier, à des obstacles qu'il lui faut écarter : vélomoteur, poussette d'enfant, linge étendu et file de gens qui attendent Dieu-sait-quoi.
Hier soir, il s'est fait suivre par une Mercedes bleu-marine, d'abord rue du Baillage, puis à la gare, puis Boulevard de l'Yser. Le conducteur n'est jamais descendu. Ils n'ont pas fait le moindre effort pour s'aborder.
Jeudi 20.
Le midi, comme il remonte chez lui, il rencontre Henri B., qui s'arrête, lui demande de ses nouvelles, et lui signale qu'il passera peut-être le prendre un soir de la semaine prochaine, à la sortie de son bureau à 18h.
Il débarque le soir chez Claudine, au Havre, pour 4 jours.
Vendredi 31 - passé à faire des courses.
Samedi 1er avril - arrivée de Rolande, à 11h30, qui lui apprend qu'Henri B. est passé au bureau, hier à 11h45, pour voir s'il était là. L'après-midi se passe à faire d'autres courses (un tricot pour elle, deux maillots de bain pour lui et Claudine). Le soir, à 21h, ils se retrouvent à l'Empire, et vont voir l'un des plus beaux navets de l'année "Les Indésirables". Une vraie connerie. C'est la première fois qu'il voit Rolande roupiller dans un cinéma.
Dimanche 2.
Les Sammy débarquent à 16h. Le soir, après l'apéritif, le rosé, le calva, le scotch et la Sangria, Réjane n'arrête pas de faire l'andouille. Ils vont tous au lit, et Marcel sort avec Claudine car il est un peu saoul. Claudine drague un Guadeloupéen (?), grand, musclé et délicat, qui semble plutôt s'intéresser à Marcel, et qui les embarque chez lui où trônent deux superbes lévriers femelles. Un ami, Christian, les rejoint, et flirte avec Claudine dans la cuisine, pendant que Martin, le Guadeloupéen (?) essaye de persuader Marcel de faire l'amour avec lui. Marcel refuse mais lui promet de passer le voir dans l'après-midi du lendemain. Il le raccompagne en voiture. Marcel se couche à 3h du matin, Claudine un peu plus tard, mais il ne l'entend pas rentrer.
Lundi 3.
Yolande a fait un cauchemar, peu après leur retour. Elle en sera marquée toute la journée et n'ouvrira le bec qu'une fois arrivée chez elle, à 18h30. Mais en attendant, Marcel file chez Martin, à 15h, et consent à faire l'amour avec lui (bien). Claudine, qui ne s'est pourtant pas laissée faire par Christian la veille, se plaint d'avoir mal partout (?). Marcel débarque avec Martin et les deux lévriers. Les Sammy sont assez interloqués. Il y a de quoi. Puis, à 17h, ils prennent la route de Rouen, les Sammy, Rolande et Marcel, tandis que Claudine reste au Havre avec Martin.
Dîner chez les Sammy. Réjane remonte Marcel rue des Sapins. Il se couche à 21h, assez étonné de ne pas être fatigué.
mercredi 1 juillet 2009
La (petite) vie de Marcel -40
Marcel fait une balade avec Thierry.
Samedi 18 mars. Week-end au Havre.
Marcel est d'une humeur exécrable. Il est obsédé par Georges et sa Jaguar, alors que Jacques n'arrête pas de l'emmerder avec son amour "incontrôlable".
Claudine, heureusement, a un moral éclatant (perspective d'aller en vacances à Venise -ville qu'elle adore), ce qui lui permet de le supporter. L'après-midi, ils vont voir "Deux hommes dans l'Ouest". Marcel pense qu'avec quelques coupures (10 bonnes minutes) le film aurait pu être formidable. Malheureusement, il y a des longueurs qui sont préjudiciable à la cohésien de l'oeuvre. Claudine, vicieuse comme pas deux, attendait avec impatience la scène du bain. Elle est restée sur sa faim. O'Neal lui a paru moins con que dans "Love Story" mais son jeu manquait de sincérité par un trop grand besoin de convaincre (jeux de visage, rictus...). Quelques très bonnes scènes, toutefois, et une musique réussie en font un spectacle de qualité qui se laisse voir sans déplaisir. Par contre, ils ont trouvé que la scène de l'extraction de la balle ne méritait pas d'être filmée.
La forme peut venir d'un courant d'air, ou simplement d'une ou deux balades dans la nuit étoilée (sortez les violons, Messieurs-Dames!). A 23h, un homme fait monter Marcel dans sa voiture. Ils font pas mal de tours pour trouver un endroit tranquille. Le type est tarte, la bagnole est moche, et il la conduit mal. En plus, il n'a pas la pratique. Enervé, Marcel lui demande de le ramener à l'endoit-même où il l'a trouvé. Il a beaucoup plus de chance avec un minet aux cheveux frisés, qui l'embarque dans sa Renault 12 TL (Très Laborieux) et il est soudain dans une forme exceptionnelle. Pendant un quart d'heure, le minet va se demander quelle sorte de mec il a fait monter dans sa chiotte.
Marcel : Comment vous appellez-vous?
Lui : Thierry.
Marcel : Thierry! Je n'ai jamais rencontré de Thierry. C'est doux, comme prénom. Vous sortez du cinéma?
Thierry : Non. J'ai dîné en famille. Le repas s'est prolongé.
Marcel : Et vous êtes allé faire un tour. Pour vous changer d'air.
Ils arrivent sur l'esplanade de la plage, où ils s'arrêtent. Une main, que Marcel glisse dans l'ouverture de la chemise de l'homme, lui prouve qu'il va avoir de quoi s'occuper : la poitrine est forte et poilue. Ils s'embrassent.
Marcel : Je ne crois pas que nous allons pouvoir rester ici : c'est le rendez-vous des couples normaux.
Thierry rit, le regarde, à la fois dubitatif et amusé. Ils repartent, du côté de Sainte-Adresse. Là, ils s'arrêtent dans une rue.
Marcel : J'espère que vous avez des siéges-couchettes.
Thierry : Oui.
Marcel : C'est une bonne chose. Je suis déjà monté dans une voiture qui n'en avait pas. Le lendemain, en me réveillant, j'avais des courbatures partout.
(Il appuie sur la manette pour faire baisser le siège).
Marcel : Tiens, c'est comme dans la DS.
Thierry : Vous êtes déjà monté en DS?
Marcel : Bien sûr! J'ai tout essayé!
(Thierry se couche sur lui. Marcel le déculotte à moitié. Pas mal. Tout ce qu'il faut sous la main pour ne pas s'ennuyer).
Marcel : Je tiens à vous prévenir : je vais avoir du mal à bander. Je viens de faire l'amour, il n'y a même pas une heure.
(Thierry lui adresse un nouveau coup d'oeil, intrigué et surpris. Des voitures passent et repassent sans arrêt).
Marcel : Vous croyez que c'est l'endroit idéal pour faire l'amour?
Thierry (se redressant, et s'adressant aux automobilistes) : Merde! Ils me font chier à la fin, pour parler poliment!
Ils rient et repartent.
Marcel : Au lieu de tourner en rond, je crois que le plus simple c'est d'aller chez mon amie.
Thierry : Mais qu'est-ce que vous allez lui dire?
Marcel : Eh bien, je vais vous présenter à elle, tout simplement.
Thierry conduit, d'une main, lentement. Ils ont envie l'un de l'autre. Marcel est lucide, d'une humeur ironique et sensuelle. Le mec a un corps magnifique : tout est parfait. Ils arrivent chez Claudine. Elle n'est pas là.
Thierry (perdant soudain son aplomb) : Que va-t-elle dire quand elle va rentrer?
Marcel : Mais rien.
Il l'installe sur le divan et lui sert un scotch. Puis il le drague. Au début, Thierry hésite. Marcel lèche les poils de sa poitrine avec une délectation non feinte. Thierry devient dingue et le renverse sur le divan. Ils font l'amour, le pantalon sur les chevilles. Il était temps! A peine reculottés, la porte s'ouvre. C'est Claudine. Seule. Elle n'apprécie guère, au tout début, mais elle s'installe à l'autre bout du divan, se sert un verre. L'atmosphère se détend très vite, et ils s'entendent comme trois phénomènes (Freaks) à la Foire du Trône. Il est plus d'une heure du matin lorsque Marcel met l'Adagio d'Albinoni. Il est aux anges, entre sa copine et son amant qui plaisantent et se mettent en boite avec une parfaite harmonie. A 2 heures, il reconduit Thierry jusqu'à la porte, et regagne le lit de Claudine.
Dimanche 19.
Fatigue. Soleil. Ils vont à la plage, voir le premier défilé de la saison. Peaux blanches ou rouges, sous la chaleur. Ils passent deux heures sur le peu de sable que les galets laissent entrevoir. Ils rentrent, crevés.
Samedi 18 mars. Week-end au Havre.
Marcel est d'une humeur exécrable. Il est obsédé par Georges et sa Jaguar, alors que Jacques n'arrête pas de l'emmerder avec son amour "incontrôlable".
Claudine, heureusement, a un moral éclatant (perspective d'aller en vacances à Venise -ville qu'elle adore), ce qui lui permet de le supporter. L'après-midi, ils vont voir "Deux hommes dans l'Ouest". Marcel pense qu'avec quelques coupures (10 bonnes minutes) le film aurait pu être formidable. Malheureusement, il y a des longueurs qui sont préjudiciable à la cohésien de l'oeuvre. Claudine, vicieuse comme pas deux, attendait avec impatience la scène du bain. Elle est restée sur sa faim. O'Neal lui a paru moins con que dans "Love Story" mais son jeu manquait de sincérité par un trop grand besoin de convaincre (jeux de visage, rictus...). Quelques très bonnes scènes, toutefois, et une musique réussie en font un spectacle de qualité qui se laisse voir sans déplaisir. Par contre, ils ont trouvé que la scène de l'extraction de la balle ne méritait pas d'être filmée.
La forme peut venir d'un courant d'air, ou simplement d'une ou deux balades dans la nuit étoilée (sortez les violons, Messieurs-Dames!). A 23h, un homme fait monter Marcel dans sa voiture. Ils font pas mal de tours pour trouver un endroit tranquille. Le type est tarte, la bagnole est moche, et il la conduit mal. En plus, il n'a pas la pratique. Enervé, Marcel lui demande de le ramener à l'endoit-même où il l'a trouvé. Il a beaucoup plus de chance avec un minet aux cheveux frisés, qui l'embarque dans sa Renault 12 TL (Très Laborieux) et il est soudain dans une forme exceptionnelle. Pendant un quart d'heure, le minet va se demander quelle sorte de mec il a fait monter dans sa chiotte.
Marcel : Comment vous appellez-vous?
Lui : Thierry.
Marcel : Thierry! Je n'ai jamais rencontré de Thierry. C'est doux, comme prénom. Vous sortez du cinéma?
Thierry : Non. J'ai dîné en famille. Le repas s'est prolongé.
Marcel : Et vous êtes allé faire un tour. Pour vous changer d'air.
Ils arrivent sur l'esplanade de la plage, où ils s'arrêtent. Une main, que Marcel glisse dans l'ouverture de la chemise de l'homme, lui prouve qu'il va avoir de quoi s'occuper : la poitrine est forte et poilue. Ils s'embrassent.
Marcel : Je ne crois pas que nous allons pouvoir rester ici : c'est le rendez-vous des couples normaux.
Thierry rit, le regarde, à la fois dubitatif et amusé. Ils repartent, du côté de Sainte-Adresse. Là, ils s'arrêtent dans une rue.
Marcel : J'espère que vous avez des siéges-couchettes.
Thierry : Oui.
Marcel : C'est une bonne chose. Je suis déjà monté dans une voiture qui n'en avait pas. Le lendemain, en me réveillant, j'avais des courbatures partout.
(Il appuie sur la manette pour faire baisser le siège).
Marcel : Tiens, c'est comme dans la DS.
Thierry : Vous êtes déjà monté en DS?
Marcel : Bien sûr! J'ai tout essayé!
(Thierry se couche sur lui. Marcel le déculotte à moitié. Pas mal. Tout ce qu'il faut sous la main pour ne pas s'ennuyer).
Marcel : Je tiens à vous prévenir : je vais avoir du mal à bander. Je viens de faire l'amour, il n'y a même pas une heure.
(Thierry lui adresse un nouveau coup d'oeil, intrigué et surpris. Des voitures passent et repassent sans arrêt).
Marcel : Vous croyez que c'est l'endroit idéal pour faire l'amour?
Thierry (se redressant, et s'adressant aux automobilistes) : Merde! Ils me font chier à la fin, pour parler poliment!
Ils rient et repartent.
Marcel : Au lieu de tourner en rond, je crois que le plus simple c'est d'aller chez mon amie.
Thierry : Mais qu'est-ce que vous allez lui dire?
Marcel : Eh bien, je vais vous présenter à elle, tout simplement.
Thierry conduit, d'une main, lentement. Ils ont envie l'un de l'autre. Marcel est lucide, d'une humeur ironique et sensuelle. Le mec a un corps magnifique : tout est parfait. Ils arrivent chez Claudine. Elle n'est pas là.
Thierry (perdant soudain son aplomb) : Que va-t-elle dire quand elle va rentrer?
Marcel : Mais rien.
Il l'installe sur le divan et lui sert un scotch. Puis il le drague. Au début, Thierry hésite. Marcel lèche les poils de sa poitrine avec une délectation non feinte. Thierry devient dingue et le renverse sur le divan. Ils font l'amour, le pantalon sur les chevilles. Il était temps! A peine reculottés, la porte s'ouvre. C'est Claudine. Seule. Elle n'apprécie guère, au tout début, mais elle s'installe à l'autre bout du divan, se sert un verre. L'atmosphère se détend très vite, et ils s'entendent comme trois phénomènes (Freaks) à la Foire du Trône. Il est plus d'une heure du matin lorsque Marcel met l'Adagio d'Albinoni. Il est aux anges, entre sa copine et son amant qui plaisantent et se mettent en boite avec une parfaite harmonie. A 2 heures, il reconduit Thierry jusqu'à la porte, et regagne le lit de Claudine.
Dimanche 19.
Fatigue. Soleil. Ils vont à la plage, voir le premier défilé de la saison. Peaux blanches ou rouges, sous la chaleur. Ils passent deux heures sur le peu de sable que les galets laissent entrevoir. Ils rentrent, crevés.
mardi 30 juin 2009
La (petite) vie de Marcel -39
Marcel drague à tort et à travers.
Jeudi 2 mars.
Temps splendide, qui fait penser aux vacances. Ils n'arrêtent pas d'y penser, d'ailleurs. Surtout au point de vue fringues.
Ce soir, après 18h, Rolande et Marcel rencontrent Michou, dont les affaires ne s'arrangent pas. Pâle (disons livide) il n'a toujours pas de travail, et doit bientôt se faire opérer d'un cancer, et cette perspective le fait horriblement souffrir. Lui qui n'arrêtait pas de rigoler et de s'amuser avec tous ses copains a crevé de faim pendant plus de 15 jours, avec son ami Jean-Marie. Lui que tout le monde embrassait, chez Germaine comme chez Zouzous, est d'une forme accablante. Il s'en sortira peut-être, mais Marcel n'oubliera pas de sitôt son visage d'une pâleur de cadavre, ses fringues râpées (même pas une paire de chaussettes à lui -celles qu'il porte depuis un mois appartiennent à Rolande) et son odeur de cadavre en décomposition. Plus d'amis, plus de travail. Seuls ses parents consentent à le reprendre avec eux.
Après son aventure avec Michel, où il avait enfin espéré un peu de chaleur humaine, c'est au tour de Georges de se moquer de lui. Hier soir, à la gare, installé dans sa Jag, il lui a demandé d'aller lui chercher un minet (Richard, ami d'Henri B.) avec qui Marcel discutait. Ce dernier n'a pas du tout apprécié et l'a renvoyé balader.
Lundi et mardi soirs, toujours le même va-et-vient d'hommes mariés en quête d'aventures.
Vendredi 3.
Marcel est à la gare, dans l'espoir de retrouver Georges et de lui proposer un marché (de dupes) : "Je veux bien être ton entremetteur, mais il faut que tu aboules le fric!". A la place, il rencontre Raymond, qui est toujours aussi dément. Sans travail, comme Michou, mais beaucoup plus reluisant. Toujours aussi fessu et magnifiquement optimiste : "J'ai vu les flics, et je me suis refait les cils devant eux" "J'adore regarder les gens quand ils sortent du train. Ils sont encore endormis et ils bandent à moitié. Faut être vicieux dans la vie!" "Avez-vous une grosse baisette, Monsieur?" "Je l'ai touché, et il m'a touché! Tu veux te le faire? Vas-y, il est encore dans les tasses!".
Marcel décide de rentrer mais il rebrousse chemin et redescend rue du Baillage. La DS de David passe, fait le tour et s'arrête. Il lui demande de monter. Ils filent à Canteleu. Celà faisait bien trois mois, non? Après l'étreinte, Marcel lui demande de le raccompagner jusqu'à la rue des Sapins. David râle : il est 1 heure, et il doit se lever à 3h. "Je vais encore être frais!" dit-il. Marcel l'embrasse en rigolant.
Samedi 4.
Un autre parisien, brun aux yeux bleus, s'attarde rue des Sapins, de 23h à 1h du matin. Auparavant, Marcel avait passé l'après-midi chez Rolande. Les Sammy (nouveau nom de Réjane, mariée à Patrice) désirant acheter une voiture, ils sont tous allés visiter les garages Simca et Renault. La voiture achetée, ils ont fêté l'événement avec des gâteaux et du Coca-Cola. Puis, bien sage, Marcel est allé tapiner. A 23 h, quand il a vu la voiture d'un parisien arriver, il s'est précipité et il l'a emmené chez lui. Ils ont passé un agréable moment au plumard. Puis le beau brun s'est endormi, le tenant dans ses bras. Il l'a réveillé, pour lui demander ce qu'il comptait faire : rester toute la nuit ou partir. Il a écarquillé ses beaux yeux bleus et il a préféré partir. Mais avant de quitter la chambre il a tenu à remettre le couvert.
Dimanche 5.
Passage de Claudine. Ils sont allés chercher Rolande pour l'emmener au cinéma voir "Un petit garçon appelé Charlie Brown" et ils ne l'on pas regretté, car le film était génial. Marcel a particulièrement admiré le coup de chapeau à Beethoven, et toute la séquence de la recherche de la couverture, parfaitement hilarante. Un vrai régal.
Lundi 6.
Son parisien de samedi soir, visage fatigué mais regard bleuté, sourire tendu mais mains apaisantes, l'ayant réconcilié avec tous les parisiens du monde entier, il accepte de monter dans la Jaguar de Georges, lorsque celui-ci le lui demande, à 22h. Marcel aime son accent, sa façon de s'habiller en paysan (il a dit à Rolande qu'il le voyait très bien dans une ferme, botté, s'occupant de ses chevaux) : veste de daim et pantalon de velours. Pourtant, durant le parcours, il a du mal à s'extérioriser complétement. Quand il quitte Marcel, devant chez lui, vers minuit, il lui passe doucement la main dans les cheveux.
Mardi 7.
Au bureau, la routine habituelle, si ce n'est que le beau Peter s'est trouvé dernièrement dans une situation plutôt embarrassante. Ayant pris un arrêté de démolition pour un immeuble insaluble du quartier Bourg l'Abbé, il ne s'est pas soucié du relogement de la dernière famille qui y habitait (un couple et 3 enfants). Il s'est fait engueuler par Gruyère et n'a dû son salut qu'à l'intervention d'un des inspecteurs qui a réussi à reloger la famille in-extremis.
Jeudi 9.
Marcel est très étonné lorsqu'un certain Jacques lui demande ce qu'il fait le soir-même. Jacques est un mec avec qui il a passé quelques bon moments le 28 février dernier et qui lui avait demandé son numéro de téléphone avant de le quitter. Et Marcel est encore plus estomaqué lorsque Jacques, une fois chez lui, lui annonce qu'il l'aime et qu'il n'a pas cessé de penser à lui!...
Week-end au Havre, avec Rolande, dans la grande tradition des jours où ils s'entendent bien et où leurs efforts, coordonnés, donnent des résultats intéressants. Le dimanche, à 16h, ils retrouvent les Sammy (Réjane et Patrice) et leur nouvelle voiture. Ils leur passent des diapos et les gavent de coq au vin en écoutant du Wagner. Il est minuit trente lorsque les Sammy les ramènent à Rouen. Marcel essaye de s'occuper du corps de Rolande, arrivé dans son lit, mais l'esprit n'y est pas. Pourtant, à l'arrière de la voiture, ils flirtaient avec une démence qui ne laissait pas prévoir cette soudaine impuissance de sa part. Et ils s'isolent, de chaque côté du lit.
Lundi 13.
Nouveau coup de téléphone de Jacques. Il est fou, ce type! Il débarque chez Marcel à 20h10. Celui-ci ne veut pas de lui. Il en a marre des mecs mariés, pères de deux enfants! Jacques promet de lui acheter un bracelet en argent, en gage de son amour.
Jeudi 2 mars.
Temps splendide, qui fait penser aux vacances. Ils n'arrêtent pas d'y penser, d'ailleurs. Surtout au point de vue fringues.
Ce soir, après 18h, Rolande et Marcel rencontrent Michou, dont les affaires ne s'arrangent pas. Pâle (disons livide) il n'a toujours pas de travail, et doit bientôt se faire opérer d'un cancer, et cette perspective le fait horriblement souffrir. Lui qui n'arrêtait pas de rigoler et de s'amuser avec tous ses copains a crevé de faim pendant plus de 15 jours, avec son ami Jean-Marie. Lui que tout le monde embrassait, chez Germaine comme chez Zouzous, est d'une forme accablante. Il s'en sortira peut-être, mais Marcel n'oubliera pas de sitôt son visage d'une pâleur de cadavre, ses fringues râpées (même pas une paire de chaussettes à lui -celles qu'il porte depuis un mois appartiennent à Rolande) et son odeur de cadavre en décomposition. Plus d'amis, plus de travail. Seuls ses parents consentent à le reprendre avec eux.
Après son aventure avec Michel, où il avait enfin espéré un peu de chaleur humaine, c'est au tour de Georges de se moquer de lui. Hier soir, à la gare, installé dans sa Jag, il lui a demandé d'aller lui chercher un minet (Richard, ami d'Henri B.) avec qui Marcel discutait. Ce dernier n'a pas du tout apprécié et l'a renvoyé balader.
Lundi et mardi soirs, toujours le même va-et-vient d'hommes mariés en quête d'aventures.
Vendredi 3.
Marcel est à la gare, dans l'espoir de retrouver Georges et de lui proposer un marché (de dupes) : "Je veux bien être ton entremetteur, mais il faut que tu aboules le fric!". A la place, il rencontre Raymond, qui est toujours aussi dément. Sans travail, comme Michou, mais beaucoup plus reluisant. Toujours aussi fessu et magnifiquement optimiste : "J'ai vu les flics, et je me suis refait les cils devant eux" "J'adore regarder les gens quand ils sortent du train. Ils sont encore endormis et ils bandent à moitié. Faut être vicieux dans la vie!" "Avez-vous une grosse baisette, Monsieur?" "Je l'ai touché, et il m'a touché! Tu veux te le faire? Vas-y, il est encore dans les tasses!".
Marcel décide de rentrer mais il rebrousse chemin et redescend rue du Baillage. La DS de David passe, fait le tour et s'arrête. Il lui demande de monter. Ils filent à Canteleu. Celà faisait bien trois mois, non? Après l'étreinte, Marcel lui demande de le raccompagner jusqu'à la rue des Sapins. David râle : il est 1 heure, et il doit se lever à 3h. "Je vais encore être frais!" dit-il. Marcel l'embrasse en rigolant.
Samedi 4.
Un autre parisien, brun aux yeux bleus, s'attarde rue des Sapins, de 23h à 1h du matin. Auparavant, Marcel avait passé l'après-midi chez Rolande. Les Sammy (nouveau nom de Réjane, mariée à Patrice) désirant acheter une voiture, ils sont tous allés visiter les garages Simca et Renault. La voiture achetée, ils ont fêté l'événement avec des gâteaux et du Coca-Cola. Puis, bien sage, Marcel est allé tapiner. A 23 h, quand il a vu la voiture d'un parisien arriver, il s'est précipité et il l'a emmené chez lui. Ils ont passé un agréable moment au plumard. Puis le beau brun s'est endormi, le tenant dans ses bras. Il l'a réveillé, pour lui demander ce qu'il comptait faire : rester toute la nuit ou partir. Il a écarquillé ses beaux yeux bleus et il a préféré partir. Mais avant de quitter la chambre il a tenu à remettre le couvert.
Dimanche 5.
Passage de Claudine. Ils sont allés chercher Rolande pour l'emmener au cinéma voir "Un petit garçon appelé Charlie Brown" et ils ne l'on pas regretté, car le film était génial. Marcel a particulièrement admiré le coup de chapeau à Beethoven, et toute la séquence de la recherche de la couverture, parfaitement hilarante. Un vrai régal.
Lundi 6.
Son parisien de samedi soir, visage fatigué mais regard bleuté, sourire tendu mais mains apaisantes, l'ayant réconcilié avec tous les parisiens du monde entier, il accepte de monter dans la Jaguar de Georges, lorsque celui-ci le lui demande, à 22h. Marcel aime son accent, sa façon de s'habiller en paysan (il a dit à Rolande qu'il le voyait très bien dans une ferme, botté, s'occupant de ses chevaux) : veste de daim et pantalon de velours. Pourtant, durant le parcours, il a du mal à s'extérioriser complétement. Quand il quitte Marcel, devant chez lui, vers minuit, il lui passe doucement la main dans les cheveux.
Mardi 7.
Au bureau, la routine habituelle, si ce n'est que le beau Peter s'est trouvé dernièrement dans une situation plutôt embarrassante. Ayant pris un arrêté de démolition pour un immeuble insaluble du quartier Bourg l'Abbé, il ne s'est pas soucié du relogement de la dernière famille qui y habitait (un couple et 3 enfants). Il s'est fait engueuler par Gruyère et n'a dû son salut qu'à l'intervention d'un des inspecteurs qui a réussi à reloger la famille in-extremis.
Jeudi 9.
Marcel est très étonné lorsqu'un certain Jacques lui demande ce qu'il fait le soir-même. Jacques est un mec avec qui il a passé quelques bon moments le 28 février dernier et qui lui avait demandé son numéro de téléphone avant de le quitter. Et Marcel est encore plus estomaqué lorsque Jacques, une fois chez lui, lui annonce qu'il l'aime et qu'il n'a pas cessé de penser à lui!...
Week-end au Havre, avec Rolande, dans la grande tradition des jours où ils s'entendent bien et où leurs efforts, coordonnés, donnent des résultats intéressants. Le dimanche, à 16h, ils retrouvent les Sammy (Réjane et Patrice) et leur nouvelle voiture. Ils leur passent des diapos et les gavent de coq au vin en écoutant du Wagner. Il est minuit trente lorsque les Sammy les ramènent à Rouen. Marcel essaye de s'occuper du corps de Rolande, arrivé dans son lit, mais l'esprit n'y est pas. Pourtant, à l'arrière de la voiture, ils flirtaient avec une démence qui ne laissait pas prévoir cette soudaine impuissance de sa part. Et ils s'isolent, de chaque côté du lit.
Lundi 13.
Nouveau coup de téléphone de Jacques. Il est fou, ce type! Il débarque chez Marcel à 20h10. Celui-ci ne veut pas de lui. Il en a marre des mecs mariés, pères de deux enfants! Jacques promet de lui acheter un bracelet en argent, en gage de son amour.
lundi 29 juin 2009
La (petite) vie de Marcel -38
Marcel et la Jaguar de Georges.
Vendredi 4 février.
La semaine aura été longue. Marcel n'est pas sorti, et il s'emmerde au bureau. Il travaille toujours sur son dernier récit, qui est fini, mais dont il doit refaire certains passages.
Cet après-midi, il va porter du courrier à l'Urbanisme. Comme il descend la rue Bourg l'Abbé, il croise un des démolisseurs (on démolit actuellement l'ancienne baraque des Soeurs de Saint Vincent de Paul), un homme de plus de 40 ans, cheveux poivre et sel, bien bâti, qui lui fait un sourire. Ses yeux, verts, le regardent, très rieurs. Marcel est un peu étonné. En revenant, comme il lui sourit de nouveau, Marcel lui rend son sourire. Il arrive au bureau, tout excité, en chantant : "Démolissez-moi!... Mais pas trop vite!". Il demande à aller faire un tour dehors, et Peter l'envoie aux Archives. Chic, chic, chic. Entre parenthèses, tout le monde s'est mis à la fenêtre (Léontine, Rolande, Babeth) pour voir quel est ce type qui le rend dingue. Il file donc, et après avoir été aux Archives, il adresse carrément la parole au démolisseur. Ils causent, pendant plus de cinq minutes, et le "Bonne fin de journée" que l'homme lui lance lorsqu'il le quitte, le met dans un état voisin de l'extase.
Samedi 5.
Virée à Paris, tous les 3 (Claudine, Rolande et lui).
Cinéma, d'abord, avec "Les lèvres rouges", un film qui a de bons moment mais dont la direction d'acteurs, d'après Claudine, est lamentable. Apéritif, ensuite, au Flore, avec le monde habituel des polyvalents. Restaurant, pour continuer, au "Bureau" où Marcel retrouve Henri B., le "grand industriel", entouré de minets. Après avoir mangé, le trio descend au Club, qui leur fait une très bonne impression. Dommage, toutefois, qu'il y ait tant de monde. Mais, au "Nuage" où ils échouent ensuite, il y a encore plus de monde. Rolande se fait draguer pau un jeune Espagnol. Elle finit par se laisser baratiner et ils partent tous les deux pour aller dans une autre boite. Séparé de Claudine, Marcel se laisse draguer par un homme doux et viril, Noel, qui refuse de l'emmener chez lui, l'embrasse tendrement sur les lèvres et se retire. Claudine, pendant ce temps, se fait mettre la main aux fesses par un homme un peu parti. A 5h du matin, Rolande n'étant pas revenue, ils partent tous les deux en emportant son manteau. Ils prennent le train de 7h30 pour Rouen.
Lundi 7.
Visite à Henri B., à 19h30. Il a pris un bain, s'est lavé les cheveux. Enfin, il s'est fait beau. Marcel reste dans un fauteuil à siroter une bière. Henri cherche à l'avoir à la sortie. Leurs baisers s'échangent, l'un froid, l'autre insistant. Ils ont parlé de Freddy, de GiGi, des couples... Marcel était d'accord sur tout, sauf sur un point : la visite de sa chambre.
Week-end étonnant. Marcel végétait, mais le petit voyage à Paris lui a ouvert l'appêtit. Samedi 12, au Havre, il drague un minet, Christian. Ils vont chez Claudine. Ils écoutent des disques, boivent du whisky. Marcel garde ses distances. C'est Christian qui viendra à lui.
Plus intéressante est la rencontre de Michel, à Rouen, dimanche soir. Il pleut. Marcel cherche quelqu'un pour le remonter rue des Sapins. Michel est à pied, et lui propose de venir coucher chez lui, à la Grand-Mare. Marcel accepte, et ne le regrette pas. Le mec est doux, affectueux, brutal quand il le faut, et suffisamment vicieux. Son vocabulaire, dans la jouissance, vaut son pesant de décibels. Ils dorment, peu. Ils se réveillent pour un second tour de manège.
Rapide et éphémère liaison avec Michel. Marcel devait le revoir, chez lui, mercredi soir. Mais il n'y était pas. Un mot, sur la porte, qui ne lui était pas destiné, informait qu'il avait une réunion à la mairie d'Elbeuf. Marcel lui laisse son numéro de téléphone et, le lendemain, jeudi 17, Michel lui demande de venir coucher chez lui. Ce qu'il fait. Mais Michel s'annonce fatigué. Ils s'endorment, après quelques caresses. Le matin, en se quittant, Michel lui promet de l'appeler dans la journée.
Ce qu'il ne fait pas. Marcel attend son coup de fil. Rien. Celà l'énerve. Aussi, le soir, quand il le retrouve à la gare en train de draguer, il ne s'étonne pas. Ils se séparent, Marcel lui fait un sourire ironique et monte dans la Jaguar d'un parisien de passage, tandis que Michel est subitement secoué par une quinte de toux. La Jaguar file vers Canteleu, mais s'égare au milieu de nulle part, ce qui s'avère très agréable. Georges a sûrement plus de 40 ans, il a beaucoup voyagé et il est aussi doux avant et après l'étreinte sexuelle. Au bureau, lorsque Marcel raconte son aventure à Rolande, et lui affirme que les hommes disent rarement merci après avoir obtenu satisfaction, elle est assez perplexe.
Jeudi 24, après quelques fatigues dues à son oeil gauche qui lui a fait mal mardi et mercredi, il se fait draguer par un type, place du Vieux Marché, à 18h50. Baraqué, mais plutôt con. Très excité, le mec veut le baiser en cinq minutes, dans un coin sombre, avant de retrouver sa femme qui l'attend à Elbeuf. Marcel lui annonce qu'il n'est pas du tout d'accord. Déçu mais têtu, l'autre lui donne rencard mardi prochain, à 18h15, devant l'Union.
Georges lui ayant demandé à quel endroit il draguait de préférence, Marcel lui avait signalé la gare. Lorsqu'il le voit arriver, à 22h, au volant de sa Jaguar, il est étonné et content. Il monte à ses côtés et, cette fois-ci, ils réussissent à gagner Canteleu. Les lumières de la ville lui rappellent d'autres moments agréables, avec un homme aussi viril et aussi tendre que lui.
25-26-27. Week-end au Havre, avec Rolande et Claudine. Ils regardent les diapos de Venise, puisqu'ils ont prévu d'y aller tous les trois en juin. Ils écoutent du Monteverdi.
Vendredi 4 février.
La semaine aura été longue. Marcel n'est pas sorti, et il s'emmerde au bureau. Il travaille toujours sur son dernier récit, qui est fini, mais dont il doit refaire certains passages.
Cet après-midi, il va porter du courrier à l'Urbanisme. Comme il descend la rue Bourg l'Abbé, il croise un des démolisseurs (on démolit actuellement l'ancienne baraque des Soeurs de Saint Vincent de Paul), un homme de plus de 40 ans, cheveux poivre et sel, bien bâti, qui lui fait un sourire. Ses yeux, verts, le regardent, très rieurs. Marcel est un peu étonné. En revenant, comme il lui sourit de nouveau, Marcel lui rend son sourire. Il arrive au bureau, tout excité, en chantant : "Démolissez-moi!... Mais pas trop vite!". Il demande à aller faire un tour dehors, et Peter l'envoie aux Archives. Chic, chic, chic. Entre parenthèses, tout le monde s'est mis à la fenêtre (Léontine, Rolande, Babeth) pour voir quel est ce type qui le rend dingue. Il file donc, et après avoir été aux Archives, il adresse carrément la parole au démolisseur. Ils causent, pendant plus de cinq minutes, et le "Bonne fin de journée" que l'homme lui lance lorsqu'il le quitte, le met dans un état voisin de l'extase.
Samedi 5.
Virée à Paris, tous les 3 (Claudine, Rolande et lui).
Cinéma, d'abord, avec "Les lèvres rouges", un film qui a de bons moment mais dont la direction d'acteurs, d'après Claudine, est lamentable. Apéritif, ensuite, au Flore, avec le monde habituel des polyvalents. Restaurant, pour continuer, au "Bureau" où Marcel retrouve Henri B., le "grand industriel", entouré de minets. Après avoir mangé, le trio descend au Club, qui leur fait une très bonne impression. Dommage, toutefois, qu'il y ait tant de monde. Mais, au "Nuage" où ils échouent ensuite, il y a encore plus de monde. Rolande se fait draguer pau un jeune Espagnol. Elle finit par se laisser baratiner et ils partent tous les deux pour aller dans une autre boite. Séparé de Claudine, Marcel se laisse draguer par un homme doux et viril, Noel, qui refuse de l'emmener chez lui, l'embrasse tendrement sur les lèvres et se retire. Claudine, pendant ce temps, se fait mettre la main aux fesses par un homme un peu parti. A 5h du matin, Rolande n'étant pas revenue, ils partent tous les deux en emportant son manteau. Ils prennent le train de 7h30 pour Rouen.
Lundi 7.
Visite à Henri B., à 19h30. Il a pris un bain, s'est lavé les cheveux. Enfin, il s'est fait beau. Marcel reste dans un fauteuil à siroter une bière. Henri cherche à l'avoir à la sortie. Leurs baisers s'échangent, l'un froid, l'autre insistant. Ils ont parlé de Freddy, de GiGi, des couples... Marcel était d'accord sur tout, sauf sur un point : la visite de sa chambre.
Week-end étonnant. Marcel végétait, mais le petit voyage à Paris lui a ouvert l'appêtit. Samedi 12, au Havre, il drague un minet, Christian. Ils vont chez Claudine. Ils écoutent des disques, boivent du whisky. Marcel garde ses distances. C'est Christian qui viendra à lui.
Plus intéressante est la rencontre de Michel, à Rouen, dimanche soir. Il pleut. Marcel cherche quelqu'un pour le remonter rue des Sapins. Michel est à pied, et lui propose de venir coucher chez lui, à la Grand-Mare. Marcel accepte, et ne le regrette pas. Le mec est doux, affectueux, brutal quand il le faut, et suffisamment vicieux. Son vocabulaire, dans la jouissance, vaut son pesant de décibels. Ils dorment, peu. Ils se réveillent pour un second tour de manège.
Rapide et éphémère liaison avec Michel. Marcel devait le revoir, chez lui, mercredi soir. Mais il n'y était pas. Un mot, sur la porte, qui ne lui était pas destiné, informait qu'il avait une réunion à la mairie d'Elbeuf. Marcel lui laisse son numéro de téléphone et, le lendemain, jeudi 17, Michel lui demande de venir coucher chez lui. Ce qu'il fait. Mais Michel s'annonce fatigué. Ils s'endorment, après quelques caresses. Le matin, en se quittant, Michel lui promet de l'appeler dans la journée.
Ce qu'il ne fait pas. Marcel attend son coup de fil. Rien. Celà l'énerve. Aussi, le soir, quand il le retrouve à la gare en train de draguer, il ne s'étonne pas. Ils se séparent, Marcel lui fait un sourire ironique et monte dans la Jaguar d'un parisien de passage, tandis que Michel est subitement secoué par une quinte de toux. La Jaguar file vers Canteleu, mais s'égare au milieu de nulle part, ce qui s'avère très agréable. Georges a sûrement plus de 40 ans, il a beaucoup voyagé et il est aussi doux avant et après l'étreinte sexuelle. Au bureau, lorsque Marcel raconte son aventure à Rolande, et lui affirme que les hommes disent rarement merci après avoir obtenu satisfaction, elle est assez perplexe.
Jeudi 24, après quelques fatigues dues à son oeil gauche qui lui a fait mal mardi et mercredi, il se fait draguer par un type, place du Vieux Marché, à 18h50. Baraqué, mais plutôt con. Très excité, le mec veut le baiser en cinq minutes, dans un coin sombre, avant de retrouver sa femme qui l'attend à Elbeuf. Marcel lui annonce qu'il n'est pas du tout d'accord. Déçu mais têtu, l'autre lui donne rencard mardi prochain, à 18h15, devant l'Union.
Georges lui ayant demandé à quel endroit il draguait de préférence, Marcel lui avait signalé la gare. Lorsqu'il le voit arriver, à 22h, au volant de sa Jaguar, il est étonné et content. Il monte à ses côtés et, cette fois-ci, ils réussissent à gagner Canteleu. Les lumières de la ville lui rappellent d'autres moments agréables, avec un homme aussi viril et aussi tendre que lui.
25-26-27. Week-end au Havre, avec Rolande et Claudine. Ils regardent les diapos de Venise, puisqu'ils ont prévu d'y aller tous les trois en juin. Ils écoutent du Monteverdi.
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