Marcel se saoule la gueule.
Lundi 31 août.
Courses à Rouen. Sandwiches dans la chambre de Marcel. Il a reçu une carte de Claude L.G. L'après-midi, celui-ci lui téléphone de Paris.
Il fait chaud. La pensée de David ne le harcèle plus comme avant. Il se sent prêt pour une autre aventure, sans doute parce qu'il est sûr désormais qu'il peut avoir confiance en lui. Il sait qu'il sera là, quand il le voudra.
Il lit "Les mendiants de miracle" qui le passionnent.
Il travaille à sa troisième histoire, mais il n'arrive pas à s'intéresser à son sujet (un bal, suivi d'un viol). Le concierge s'engueule avec un locataire, et il file sur la place. David arrive. Ils longent les quais de la Seine. Des bruits incertains les séparent, encore brisés par leur étreinte. Ils rentrent, très amoureux.
Mardi 1er septembre.
Gruyère ne viendra pas de toute la journée. C'est la grande foire au bureau. A midi, Marcel va manger à la Maison des Jeunes (réouverte) avec Lydia, revenue très bronzée de Corse, Lucette et Babeth. Ensuite il va porter son recueil de poèmes à Jean (qui n'est pas là).
L'après-midi, Léontine l'accepte dans son bureau, signe qu'il fait des progès avec elle, et qu'il aboutira certainement -pour l'instant il la surveille, il cherche à la comprendre. Il téléphone à Claudine, au Havre, et puis à Jean, qu'il va voir à 19h30. Il boit son calva et il l'écoute déblatérer. Sa nouvelle télé en couleur n'est pas terrible. Il se sauve à 21h15 et David ne tarde pas à venir le rejoindre. Il a eu un accident avec sa nouvelle voiture, qui s'est littéralement désintégrée. Sa fureur le bouleverse, et plus encore les intentions qu'il manifeste. C'est un anarchiste, ce garçon. Marcel l'approuve mais tremble pour lui. Sa tendresse prend, ce soir, un goût désespéré.
Mercredi 2.
Gruyère leur annonce qu'il ne sera pas là jeudi et vendredi. Quelle joie! Marcel en profitera pour aller chez le coiffeur.
Peter est désemparé. Son inconscience frise la folie. Il s'affiche partout avec Rolande. Celle-ci rayonne. Marcel parle de tout ça à Léontine, devenue enfin son amie. Elle lui répond ; "Il plane! Gare à l'atterrissage!".
Marcel va se balader à la Préfecture.
21h30. David l'emmène faire un tour à Petit-Quevilly. Son histoire ne s'arrange guère. Le garagiste-bidon qui lui a vendu la voiture ne veut pas le rembourser, et il menace de tout casser. Comme il a la police avec lui, Marcel lui conseille d'être prudent. Pour la première fois depuis qu'ils se fréquentent, David lui dit, en le quittant : "A demain soir". C'est peut-être étrange, mais c'est le premier homme pour qui Marcel éprouve du respect.
Il commence à en avoir marre de son taudis du 7 rue Bourg l'Abbé. Son voisin parle tout seul. C'est pas drôle et le pire, c'est qu'il a l'air d'aimer ça. Vers 19h30 il s'est mis à pousser des soupirs comme s'il jouissait (peut-être jouissait-il vraiment -toujours est-il qu'il n'a pas la jouissance discrète). De plus, l'autre con qui est toujours en chaleur laisse la fenêtre du couloir ouverte toute la nuit, et comme il commence à ne pas faire chaud, Marcel se les caille.
Jeudi 3.
D'après son horoscope, ce devait être sa meilleure journée de la semaine.
Après une bonne nuit, il passe la matinée avec les infirmières, braves femmes s'il en est, mais tout à fait hors de course. Babeth a mis sa robe bleue et ils vont manger tous les deux au Flandres. Bien entendu, ils parlent de Venise. L'après-midi, Marcel file chez le coiffeur. Ensuite, c'est Peter qui va chercher une bouteille de scotch. Ils boivent, tous ensemble, et bientôt le bureau est en effervescence.. Peter est pâle comme un mort, Léontine est rouge comme un coquelicot, Babeth tricote en faisant l'andouille. Marcel téléphone à Claudine. Elle a reçu son "Gramophone". A 18h Peter l'emmène chez lui, rue de la Glacière. Sa femme rapplique avec 4 pétasses. Ils reboivent. Prudemment, Marcel laisse son whisky de côté. Toutes les femmes parties, Peter veut l'emmener au Flandres. Marcel refuse et ils font des oeufs sur le plat. Peter entame une discussion survoltée que le retour de sa femme, heureusement, vient interrompre. Il est 20h15, Marcel file chez lui à pied et s'aperçoit qu'il a du mal à marcher droit. Il se change et va sur la place où, à peine arrivé, David l'embarque. Son affaire s'arrange, pas celle de Marcel. Il a tellement envie de s'envoyer en l'air qu'il se surpasse. Ils filent à une allure record à Canteleu, le pantalon baissé. "T'es pas trouillard pour deux ronds!" lui dit David. Son imprudence semble l'irriter mais il s'en fout. Ils jouissent, mais Marcel est toujours aussi saoul.
Nuit agitée.
4-5-6-7. Week-end au Havre.
Que s'est-il passé? Marcel passe, samedi et dimanche, deux jours d'un ennui mortel.
Vendredi soir, avant de prendre le train, il avait emmené Claudine, venue le chercher, manger une assiette anglaise au Tyrol. Le samedi, ils écoutent des disques. "Vénus, rends-moi ton fils!" implore Janet Baker à la fin des Troyens. "Vénus, rends-moi David!" marmonne Marcel, la tête basse et le front soucieux. "Ah! Où sont-ils ces jours?" déclame encore la belle Janet-Cléopâtre avant de se faire transpercer le sein. "Ah! Où sont-elles ces nuits avec David!" gémit Marcel, étendu sur le divan du salon.
Quant aux valses de Strauss, elles lui donnent la nausée.
jeudi 7 mai 2009
La (petite) vie de Marcel -6
Marcel se détache de David.
Lundi 24 août.
Marcel continue d'écrire. Il a envoyé sa nouvelle histoire à Nicole K.
Il n'oubliera pas la façon dont David a pris son visage dans sa main, jeudi soir, alors qu'ils roulaient vers Canteleu, et l'a tourné vers lui, pour qu'il l'embrasse.
Marcel repense à Venise, à cause des cloches de la cathédrale. Inoubliable vision.
Maux de tête.
Mardi 25.
Peter arrive au bureau, très agité, et montre à Marcel une convocation pour une tentative de conciliation. Sa femme veut divorcer et lui aurait, paraît-il, tendu un guet-apens. Marcel ne peut s'empêcher de le trouver terriblement inconscient.
Le soir, un bonhomme d'âge respectable, mais encore bien bâti, aborde Marcel sur la place. Par curiosité il désirerait coucher avec lui. Il lui avoue n'avoir jamais fait ça avec un garçon, étant plutôt attiré par les femmes. Un quart d'heure de baratin pour pas grand chose car Marcel n'est pas disposé à satisfaire son envie de changement.
Mercredi 26.
Peter ne tient pas en place au bureau. Ses déboires conjugaux le foutent de mauvais poil. Marcel le trouve sympathique parce qu'il est grand, fort, qu'il a un charmant sourire, et qu'il est toujours prêt à vous payer le restaurant, mais sous la carapace de muscles se cache un cerveau quelque peu insouciant.
David aime les biches. Il dit à Marcel "Je ne me suis jamais laissé mettre en cage". Est-ce un avertissement? Sur le retour ils écoutent, après l'étreinte, la "Heldenleben" de R. Strauss. Fasciné, Marcel laisse l'orchestre lui rentrer dans la peau tandis que Rouen scintille et que, près de lui, son amant occupe toutes ses pensées.
Jeudi 27.
A 19h30, Marcel va récupérer l'histoire (Rose) qu'il a prêtée à Jean. Apparemment, le récit lui a plu, c'est déjà quelque chose. Avant son départ en vacances (le 7 septembre) Marcel lui promet quelques poèmes. Mais quelle fatuité chez Jean! Monsieur plaisait, il y a dix ans. On lui courait après. Maintenant, c'est lui qui court après les autres.
Vendredi 28.
Pour la première fois, Marcel est accablé de doutes vis-à-vis de David. Mais ce n'est pas à cause de lui. C'est qu'il se demande comment cette aventure va se poursuivre.
Il a hâte d'être au Havre, car il est crevé.
Il lit "Les visages de l'ombre", mais ça ne lui plait pas.
29-30. Week-end au Havre.
Peu à peu il pense se libérer de David, comme si cet amour était impossible.
Dimanche après-midi il va à la plage avec Claudine. Le soir, ils écoutent une version "pirate" du "Bal masqué" de Verdi. Caballé et Labo sont excellents dans le grand duo du 2ème acte, mais Mario Sereni manque de profondeur dans son rôle de faux cocu.
Lundi 24 août.
Marcel continue d'écrire. Il a envoyé sa nouvelle histoire à Nicole K.
Il n'oubliera pas la façon dont David a pris son visage dans sa main, jeudi soir, alors qu'ils roulaient vers Canteleu, et l'a tourné vers lui, pour qu'il l'embrasse.
Marcel repense à Venise, à cause des cloches de la cathédrale. Inoubliable vision.
Maux de tête.
Mardi 25.
Peter arrive au bureau, très agité, et montre à Marcel une convocation pour une tentative de conciliation. Sa femme veut divorcer et lui aurait, paraît-il, tendu un guet-apens. Marcel ne peut s'empêcher de le trouver terriblement inconscient.
Le soir, un bonhomme d'âge respectable, mais encore bien bâti, aborde Marcel sur la place. Par curiosité il désirerait coucher avec lui. Il lui avoue n'avoir jamais fait ça avec un garçon, étant plutôt attiré par les femmes. Un quart d'heure de baratin pour pas grand chose car Marcel n'est pas disposé à satisfaire son envie de changement.
Mercredi 26.
Peter ne tient pas en place au bureau. Ses déboires conjugaux le foutent de mauvais poil. Marcel le trouve sympathique parce qu'il est grand, fort, qu'il a un charmant sourire, et qu'il est toujours prêt à vous payer le restaurant, mais sous la carapace de muscles se cache un cerveau quelque peu insouciant.
David aime les biches. Il dit à Marcel "Je ne me suis jamais laissé mettre en cage". Est-ce un avertissement? Sur le retour ils écoutent, après l'étreinte, la "Heldenleben" de R. Strauss. Fasciné, Marcel laisse l'orchestre lui rentrer dans la peau tandis que Rouen scintille et que, près de lui, son amant occupe toutes ses pensées.
Jeudi 27.
A 19h30, Marcel va récupérer l'histoire (Rose) qu'il a prêtée à Jean. Apparemment, le récit lui a plu, c'est déjà quelque chose. Avant son départ en vacances (le 7 septembre) Marcel lui promet quelques poèmes. Mais quelle fatuité chez Jean! Monsieur plaisait, il y a dix ans. On lui courait après. Maintenant, c'est lui qui court après les autres.
Vendredi 28.
Pour la première fois, Marcel est accablé de doutes vis-à-vis de David. Mais ce n'est pas à cause de lui. C'est qu'il se demande comment cette aventure va se poursuivre.
Il a hâte d'être au Havre, car il est crevé.
Il lit "Les visages de l'ombre", mais ça ne lui plait pas.
29-30. Week-end au Havre.
Peu à peu il pense se libérer de David, comme si cet amour était impossible.
Dimanche après-midi il va à la plage avec Claudine. Le soir, ils écoutent une version "pirate" du "Bal masqué" de Verdi. Caballé et Labo sont excellents dans le grand duo du 2ème acte, mais Mario Sereni manque de profondeur dans son rôle de faux cocu.
mercredi 6 mai 2009
La (petite) vie de Marcel -5
Marcel se remet à écrire.
Mardi 11 août.
Réveillé à 5h par des bruits suspects.
Au bureau, Babeth semble de bonne humeur. Marcel s'emmerde. C'est affreux, mais il est vraiment amoureux de David.
L'après-midi, il est d'excellente humeur. Le ciel se dégage, il fait l'andouille et il essaye de s'attirer l'amitié de la redoutable Léontine. Pour l'instant, elle semble l'accepter. Par contre, un qu'elle n'accepte pas, c'est Delalande, l'inspecteur qu'on lui a refilé, au Logement. Ce soir, il dit que demain il lui faudra "mettre un noeud à son mouchoir", elle réplique "C'est ça, mettez un mouchoir à votre noeud" ce qui déclenche l'hilarité générale.
Soirée gâchée à cause d'un barman à la gomme qui raconte à Marcel des tas de conneries.
Mercredi 12.
Le midi, après avoir mangé aux PTT, Marcel va chez Jean pour lui casser un peu les pieds, pour se faire payer un café et pour se renseigner au sujet du barman. Ce dernier aurait couché avec Jean, s'appellerait Pierre et aurait 19 ans.
Le soir, bonheur sans égal, Marcel se remet à écrire, dans le jardin Solférino (St Roch). Il ébauche une nouvelle histoire, et il est obligé d'arrêter, la nuit tombant. A 21h il part vers le lieu habituel de ses pérégrinations et David ne tarde pas à rappliquer. Tout en conduisant il lui parle de son travail et de la raison de son absence, la semaine dernière : il était à Paris. Il lui parle aussi de ses vacances prochaines, en septembre, ce qui rend Marcel tout triste. Dans la forêt ils s'étreignent passionnément. Sur le retour, ils n'échangent pas une parole. Marcel a le souffle coupé, la gorge séche.
Jeudi 13.
Marcel téléphone, à 13h30, à Jean. Le pauvre est très déçu à son sujet.
En rentrant du travail il trouve une carte de Claude L.G.
A 21h30 il voit se radiner sur la place le barman à la noix et il lui saute dessus. Il lui en dit de toutes les couleurs et, à 21h45, il le laisse pour courir rejoindre David qui arrive en voiture. "Tiens! le voilà celui-là!" fait le barman. Parole énigmatique que Marcel n'a pas le temps d'élucider. Désir et possession, frénésie et brutalité non dénués d'une prenante tendresse. Les lueurs sur Rouen sont déchaînées.
14-15-16. Week-end au Havre.
Samedi et dimanche Marcel travaille avec acharnement sur la nouvelle qu'il a ébauchée à St Roch. Il a reçu une carte de Nicole K. qui lui a fait énormément plaisir car elle a aimé son précédent récit "Rayon Parfumerie".
Dimanche matin il est très heureux car il fait beau, et l'après-midi il va avec Claudine voire le départ de la cavalcade. David est là, il conduit le char du Tyrol. Marcel va lui dire bonjour et le prend en photo, à son insu.
Lundi 17.
Tristesse. Marcel a eu un mal fou à s'endormir. Il est fatigué et énervé. Rolande est revenue, mais elle a décidé d'être aimable avec lui. Pourquoi? Il l'ignore.
Mardi 18.
Bonne nuit.
Gruyère n'étant pas là de la journée, bataille navale et bataille tout court entre l'Hygiène et le Logement, avec des bouts de papier.
Mercredi 19.
Passé une bonne nuit. Rêves obscènes.
Marcel va chercher les photos du corso, dont deux sont consacrées à David. Pas mal.
Jeudi 20.
Le midi, il va voir Jean. Il le laisse parler.
Peter, le rédacteur, est déchaîné. Rolande rêve. Marcel découvre alors qu'il y a quelque chose entre eux. C'est le début des emmerdements. Il n'y a pas de doute : Rolande est pincée. Celà saute aux yeux de Marcel qui lui passe un billet : "Ou bien tu es amoureuse, ou bien tu veux quitter un garçon et tu ne sais pas comment t'y prendre". Elle lui répond : "Les deux". C'est la logique même. L'atmosphère du bureau, désormais, ne sera plus jamais la même.
Défilé de vedettes sur la place. Marcel tourne en rond. D'ailleurs il pleut. A 22h30, David arrive. Il lui parle de lui, de ses copains de travail et, pour la première fois, de sa "nénette" ("Saloperie!" dit-il).
Au fait, cet après-midi, il y a eu une violente prise de bec entre Meunier et Gruyère. C'était assez drôle.
21-22-23. Week-end au Havre.
Marcel écoute "Schéhérazade" en super-stéréo. C'est assez percutant. Mais la tristesse l'envahit en écoutant la "Suite espagnole".
Claudine est triste. Marcel sent qu'une explication entre eux va devenir nécesaire.
Mardi 11 août.
Réveillé à 5h par des bruits suspects.
Au bureau, Babeth semble de bonne humeur. Marcel s'emmerde. C'est affreux, mais il est vraiment amoureux de David.
L'après-midi, il est d'excellente humeur. Le ciel se dégage, il fait l'andouille et il essaye de s'attirer l'amitié de la redoutable Léontine. Pour l'instant, elle semble l'accepter. Par contre, un qu'elle n'accepte pas, c'est Delalande, l'inspecteur qu'on lui a refilé, au Logement. Ce soir, il dit que demain il lui faudra "mettre un noeud à son mouchoir", elle réplique "C'est ça, mettez un mouchoir à votre noeud" ce qui déclenche l'hilarité générale.
Soirée gâchée à cause d'un barman à la gomme qui raconte à Marcel des tas de conneries.
Mercredi 12.
Le midi, après avoir mangé aux PTT, Marcel va chez Jean pour lui casser un peu les pieds, pour se faire payer un café et pour se renseigner au sujet du barman. Ce dernier aurait couché avec Jean, s'appellerait Pierre et aurait 19 ans.
Le soir, bonheur sans égal, Marcel se remet à écrire, dans le jardin Solférino (St Roch). Il ébauche une nouvelle histoire, et il est obligé d'arrêter, la nuit tombant. A 21h il part vers le lieu habituel de ses pérégrinations et David ne tarde pas à rappliquer. Tout en conduisant il lui parle de son travail et de la raison de son absence, la semaine dernière : il était à Paris. Il lui parle aussi de ses vacances prochaines, en septembre, ce qui rend Marcel tout triste. Dans la forêt ils s'étreignent passionnément. Sur le retour, ils n'échangent pas une parole. Marcel a le souffle coupé, la gorge séche.
Jeudi 13.
Marcel téléphone, à 13h30, à Jean. Le pauvre est très déçu à son sujet.
En rentrant du travail il trouve une carte de Claude L.G.
A 21h30 il voit se radiner sur la place le barman à la noix et il lui saute dessus. Il lui en dit de toutes les couleurs et, à 21h45, il le laisse pour courir rejoindre David qui arrive en voiture. "Tiens! le voilà celui-là!" fait le barman. Parole énigmatique que Marcel n'a pas le temps d'élucider. Désir et possession, frénésie et brutalité non dénués d'une prenante tendresse. Les lueurs sur Rouen sont déchaînées.
14-15-16. Week-end au Havre.
Samedi et dimanche Marcel travaille avec acharnement sur la nouvelle qu'il a ébauchée à St Roch. Il a reçu une carte de Nicole K. qui lui a fait énormément plaisir car elle a aimé son précédent récit "Rayon Parfumerie".
Dimanche matin il est très heureux car il fait beau, et l'après-midi il va avec Claudine voire le départ de la cavalcade. David est là, il conduit le char du Tyrol. Marcel va lui dire bonjour et le prend en photo, à son insu.
Lundi 17.
Tristesse. Marcel a eu un mal fou à s'endormir. Il est fatigué et énervé. Rolande est revenue, mais elle a décidé d'être aimable avec lui. Pourquoi? Il l'ignore.
Mardi 18.
Bonne nuit.
Gruyère n'étant pas là de la journée, bataille navale et bataille tout court entre l'Hygiène et le Logement, avec des bouts de papier.
Mercredi 19.
Passé une bonne nuit. Rêves obscènes.
Marcel va chercher les photos du corso, dont deux sont consacrées à David. Pas mal.
Jeudi 20.
Le midi, il va voir Jean. Il le laisse parler.
Peter, le rédacteur, est déchaîné. Rolande rêve. Marcel découvre alors qu'il y a quelque chose entre eux. C'est le début des emmerdements. Il n'y a pas de doute : Rolande est pincée. Celà saute aux yeux de Marcel qui lui passe un billet : "Ou bien tu es amoureuse, ou bien tu veux quitter un garçon et tu ne sais pas comment t'y prendre". Elle lui répond : "Les deux". C'est la logique même. L'atmosphère du bureau, désormais, ne sera plus jamais la même.
Défilé de vedettes sur la place. Marcel tourne en rond. D'ailleurs il pleut. A 22h30, David arrive. Il lui parle de lui, de ses copains de travail et, pour la première fois, de sa "nénette" ("Saloperie!" dit-il).
Au fait, cet après-midi, il y a eu une violente prise de bec entre Meunier et Gruyère. C'était assez drôle.
21-22-23. Week-end au Havre.
Marcel écoute "Schéhérazade" en super-stéréo. C'est assez percutant. Mais la tristesse l'envahit en écoutant la "Suite espagnole".
Claudine est triste. Marcel sent qu'une explication entre eux va devenir nécesaire.
mardi 5 mai 2009
La (petite) vie de Marcel -4
Marcel se fait de nouveaux amis.
Lundi 3 août.
Tout le monde est rentré : Peter, le rédacteur, Gruyère, le chef de bureau, et Léontine, bien entendu.
Dans l'après-midi, coup de téléphone de Claude L.G. Il vient chercher Marcel à 18h, et celui-ci lui mène la vie dure, l'oblige à aller faire des courses et à manger dans son boui-boui. Et puis il lui annonce qu'il a un rendez-vous et il le fout dehors. Vexé, L.G. va le relancer sur la place du Vieux Marché où Marcel est allé, à tout hasard, au cas où David viendrait. De guerre lasse, Marcel accepte de prendre un pot avec lui et ils se quittent bons amis.
Mardi 4 août.
La Maison des Jeunes étant fermée, il est obligé d'aller manger aux PTT. Peter et Babeth y sont allés la veille mais ça ne leur a pas plu. Marcel se résout à y aller seul, mais il est rejoint par Lucette qui s'impose et dont il cherche à se débarrasser. Finalement, il la fait tellement marcher à travers la ville qu'il comprend très vite que demain il sera débarrassé d'elle.
Idées de suicide, le soir.
Ennui pesant.
Mercredi 5 août.
Marcel souffre, physiquement et moralement.
Le soir, il se laisse accoster par un étudiant qui l'emmène dans son collège abandonné, grande bâtisse pleine de dortoirs vides. Il l'écoute parler en écoutant "Petrouschka". Le moins que l'on puisse dire, c'est que son esprit s'est détaché de son corps.
Jeudi 6 août.
Il fait la connaissance de Jean, qui l'emmène chez lui. C'est pas mal, d'ailleurs, chez lui. Mais le type ne lui plaît pas. Sa façon de parler est maniérée, énervante. Il se croit intelligent en ne parlant que de sexe et de cul, et Marcel n'arrive pas à s'intéresser à lui.
8-9-10. Week-end au Havre.
Marcel se retape le Requiem de Verdi. Claudine fait du repassage.
Lundi 10 août.
Dans le train, obsessions érotiques.
Calme au bureau. Rolande a une semaine de congé, Babeth est toujours aussi grinçante, désagréable et bête (oui, c'est ça : elle est vraiment bête!). Il attend 18h avec impatience.
Il va directement chez Jean et il le trouve en robe de chambre, grippé. Ils mangent ensemble et Jean se met à lui faire la morale. Marcel ment et pense à se barrer mais Jean se remet à parler de ses expériences sexuelles : les femmes et les hommes qu'il a séduits, qu'il a aimés, qu'il a baisés, qu'il a abandonnés. Pour couronner le tout il prétend que la grippe l'empêche de bander et il voudrait que Marcel reste coucher avec lui, pensant que la chaleur de son corps fera trembler son outil. Pas du tout enchanté, Marcel le plaque à 22h, pour aller prendre l'air. Il se heurte à son étudiant, très nerveux, qui lui ramène une montre pourrie en prétextant qu'il l'a perdue chez lui, lorsqu'il est venu le voir dans son collège. "Un acte manqué de ta part!" proclame-t-il avec suffisance. Marcel trouve celà très con, se fait raccompagner en voiture mais le laisse froidement en plan devant la porte.
Lundi 3 août.
Tout le monde est rentré : Peter, le rédacteur, Gruyère, le chef de bureau, et Léontine, bien entendu.
Dans l'après-midi, coup de téléphone de Claude L.G. Il vient chercher Marcel à 18h, et celui-ci lui mène la vie dure, l'oblige à aller faire des courses et à manger dans son boui-boui. Et puis il lui annonce qu'il a un rendez-vous et il le fout dehors. Vexé, L.G. va le relancer sur la place du Vieux Marché où Marcel est allé, à tout hasard, au cas où David viendrait. De guerre lasse, Marcel accepte de prendre un pot avec lui et ils se quittent bons amis.
Mardi 4 août.
La Maison des Jeunes étant fermée, il est obligé d'aller manger aux PTT. Peter et Babeth y sont allés la veille mais ça ne leur a pas plu. Marcel se résout à y aller seul, mais il est rejoint par Lucette qui s'impose et dont il cherche à se débarrasser. Finalement, il la fait tellement marcher à travers la ville qu'il comprend très vite que demain il sera débarrassé d'elle.
Idées de suicide, le soir.
Ennui pesant.
Mercredi 5 août.
Marcel souffre, physiquement et moralement.
Le soir, il se laisse accoster par un étudiant qui l'emmène dans son collège abandonné, grande bâtisse pleine de dortoirs vides. Il l'écoute parler en écoutant "Petrouschka". Le moins que l'on puisse dire, c'est que son esprit s'est détaché de son corps.
Jeudi 6 août.
Il fait la connaissance de Jean, qui l'emmène chez lui. C'est pas mal, d'ailleurs, chez lui. Mais le type ne lui plaît pas. Sa façon de parler est maniérée, énervante. Il se croit intelligent en ne parlant que de sexe et de cul, et Marcel n'arrive pas à s'intéresser à lui.
8-9-10. Week-end au Havre.
Marcel se retape le Requiem de Verdi. Claudine fait du repassage.
Lundi 10 août.
Dans le train, obsessions érotiques.
Calme au bureau. Rolande a une semaine de congé, Babeth est toujours aussi grinçante, désagréable et bête (oui, c'est ça : elle est vraiment bête!). Il attend 18h avec impatience.
Il va directement chez Jean et il le trouve en robe de chambre, grippé. Ils mangent ensemble et Jean se met à lui faire la morale. Marcel ment et pense à se barrer mais Jean se remet à parler de ses expériences sexuelles : les femmes et les hommes qu'il a séduits, qu'il a aimés, qu'il a baisés, qu'il a abandonnés. Pour couronner le tout il prétend que la grippe l'empêche de bander et il voudrait que Marcel reste coucher avec lui, pensant que la chaleur de son corps fera trembler son outil. Pas du tout enchanté, Marcel le plaque à 22h, pour aller prendre l'air. Il se heurte à son étudiant, très nerveux, qui lui ramène une montre pourrie en prétextant qu'il l'a perdue chez lui, lorsqu'il est venu le voir dans son collège. "Un acte manqué de ta part!" proclame-t-il avec suffisance. Marcel trouve celà très con, se fait raccompagner en voiture mais le laisse froidement en plan devant la porte.
lundi 4 mai 2009
La (petite) vie de Marcel -3
Marcel va à Paris.
Jeudi 30 juillet.
La journée passe, toujours morne. Le travail de Marcel n'est pas ennuyeux, mais l'atmosphère du bureau est quasi irrespirable. Rolande, surtout, n'est pas tendre avec lui. Il sait qu'il lui faut être patient pour se faire accepter, mais c'est souvent très dur.
Le soir, malgré la fatigue, la lassitude, il retourne là-bas, dans l'espoir insensé de revoir David. Beaucoup de touristes, pas mal de bagnoles. Et puis, vers 22h, il voit sa voiture qui passe, rapide comme l'éclair. Il ne l'a pas vu au volant, mais il est sûr que c'est lui. Et puis la voiture revient, ralentit à sa hauteur. David lui fait un signe amical et s'arrête pour le faire monter. Ils prennent la même route que l'autre soir. David lui parle de son travail et ils font l'amour.
Marcel rentre, complétement crevé, vers 23h.
Vendredi 31.
Il subit le contre-coup de cette nuit immense. Nul doute à avoir : David vient d'entrer dans sa vie. Il aime son plaisir, et la façon dont il le prend et le reprend sans cesse, sans jamais le quitter, sans jamais en finir avec la jouissance.
Léontine arrive au bureau. Elle travaille avec Meunier, au Logement. C'est une femme de 42 ans, grande, mince, brune. Elle frappe par son langage direct, par son parler qui frise la vulgarité. Or, dans les pires expressions de son vocabulaire, elle n'est jamais vulgaire. Voilà une femme d'un caractère peu commun qu'on doit aimer ou détester. Meunier la déteste, et elle le lui rend bien ("Tu me fais chier" lui dit-elle constamment). Marcel pense que c'est une femme à avoir pour alliée, et non pour ennemie.
Claudine vient le chercher à 18h. Mais Marcel est dans un état lamentable. Son angine a repris, sa dent lui fait mal. Ils pensent, un instant, à annuler leur voyage à Paris, prévu pour ce week-end. Mais ce serait trop bête car il fait un temps superbe. Ils l'écourteront, voilà tout. Marcel se couche, à 20h30, et Claudine va prendre une chambre à l'hôtel, ne voulant pas partager son boui-boui et ses microbes. A minuit, Marcel se réveille. Sa première pensée va à David. Mais il n'aimerait pas qu'il soit là en ce moment, qu'il le voit dans cet état. Il a horreur que l'on le voit malade. Quand il souffre, il aime être seul, replié sur lui-même pour ne pas offrir sa douleur en spectacle.
Samedi 1er août.
Départ pour Paris à 9h. Il fait une chaleur à crever, il y a un monde fou, et Marcel en a vite marre. Il prend aspirine sur aspirine. Ils vont au Printemps, aux Galeries. Claudine achète deux robes, et Marcel le "Requiem" de Verdi. Ils rentrent au Havre par le train de 14h.
Le soir, grog, tisane, aspirine et Requiem.
Dimanche 2.
Marcel roupille toute la matinée. Il est très fatigué. Dans l'après-midi ils vont à la plage profiter des bienfaits du soleil.
Jeudi 30 juillet.
La journée passe, toujours morne. Le travail de Marcel n'est pas ennuyeux, mais l'atmosphère du bureau est quasi irrespirable. Rolande, surtout, n'est pas tendre avec lui. Il sait qu'il lui faut être patient pour se faire accepter, mais c'est souvent très dur.
Le soir, malgré la fatigue, la lassitude, il retourne là-bas, dans l'espoir insensé de revoir David. Beaucoup de touristes, pas mal de bagnoles. Et puis, vers 22h, il voit sa voiture qui passe, rapide comme l'éclair. Il ne l'a pas vu au volant, mais il est sûr que c'est lui. Et puis la voiture revient, ralentit à sa hauteur. David lui fait un signe amical et s'arrête pour le faire monter. Ils prennent la même route que l'autre soir. David lui parle de son travail et ils font l'amour.
Marcel rentre, complétement crevé, vers 23h.
Vendredi 31.
Il subit le contre-coup de cette nuit immense. Nul doute à avoir : David vient d'entrer dans sa vie. Il aime son plaisir, et la façon dont il le prend et le reprend sans cesse, sans jamais le quitter, sans jamais en finir avec la jouissance.
Léontine arrive au bureau. Elle travaille avec Meunier, au Logement. C'est une femme de 42 ans, grande, mince, brune. Elle frappe par son langage direct, par son parler qui frise la vulgarité. Or, dans les pires expressions de son vocabulaire, elle n'est jamais vulgaire. Voilà une femme d'un caractère peu commun qu'on doit aimer ou détester. Meunier la déteste, et elle le lui rend bien ("Tu me fais chier" lui dit-elle constamment). Marcel pense que c'est une femme à avoir pour alliée, et non pour ennemie.
Claudine vient le chercher à 18h. Mais Marcel est dans un état lamentable. Son angine a repris, sa dent lui fait mal. Ils pensent, un instant, à annuler leur voyage à Paris, prévu pour ce week-end. Mais ce serait trop bête car il fait un temps superbe. Ils l'écourteront, voilà tout. Marcel se couche, à 20h30, et Claudine va prendre une chambre à l'hôtel, ne voulant pas partager son boui-boui et ses microbes. A minuit, Marcel se réveille. Sa première pensée va à David. Mais il n'aimerait pas qu'il soit là en ce moment, qu'il le voit dans cet état. Il a horreur que l'on le voit malade. Quand il souffre, il aime être seul, replié sur lui-même pour ne pas offrir sa douleur en spectacle.
Samedi 1er août.
Départ pour Paris à 9h. Il fait une chaleur à crever, il y a un monde fou, et Marcel en a vite marre. Il prend aspirine sur aspirine. Ils vont au Printemps, aux Galeries. Claudine achète deux robes, et Marcel le "Requiem" de Verdi. Ils rentrent au Havre par le train de 14h.
Le soir, grog, tisane, aspirine et Requiem.
Dimanche 2.
Marcel roupille toute la matinée. Il est très fatigué. Dans l'après-midi ils vont à la plage profiter des bienfaits du soleil.
samedi 2 mai 2009
La (petite) vie de Marcel -2
Marcel tombe amoureux.
Lundi 27 juillet.
Marcel rêve et se réveille. Il se dit "Ah! s'il pouvait être 5h!". Il glisse un coup d'oeil timide vers le réveil : 4h55. Chic. Son rêve était étrange : il se préparait à aller à l'école (cours de Science Nat) mais il ne pouvait s'empêcher de jouer au foot dans la rue avec son frère. Le cours commençait à 10h, il se pointait à la maison à 9h45, très excité, le torse demi-nu, pour entendre les sarcasmes de son père. Il se souvenait aussi qu'en jouant au foot, la balle allait souvent dans une épicerie où une fille (était-ce Mauricette?) en blouse blanche leur renvoyait la balle.
Marcel prend le train pour Rouen.
Journée merveilleuse, le temps se dégage dans l'après-midi. Comme d'habitude lorsqu'il est en forme il fait le pitre au bureau.
Il retrouve Claude L.G. de 18h à 20h.
Le soir, ça se gâte. Accès de mélancolie.
Mardi 28.
Journée calme.
Le soir, Marcel repère une Simca blanche, qui fait le tour de la place du Vieux Marché. Elle va s'arrêter dans une rue isolée. Le conducteur ne descend pas. Marcel s'approche, et le mec le fait monter. Le début, assez tendu, lui fait prévoir une aventure peu banale. La voiture file vers Canteleu, dépasse la ville et s'enfonce dans les bois. Elle s'arrête, dans un endroit désert, et Marcel dévouvre que David -c'est son prénom- possède un corps tout en muscles. Il met dans l'amour une force peu banale. Son étreinte est brutale, mais non exempte de tendresse. Médusé, Marcel reste sans mot, tandis que David le ramène à Rouen. Le ciel est clair, les lumières scintillent et lui rappellent d'autres lumières (Nice et Rome). Tout celà concoure à le rendre mélancolique.
Mercredi 29.
Journée calme, qui passe lentement.
L'après-midi, Marcel regarde une carte de Rouen et de ses environs, et il peut retrouver un bout de la route que David a prise, hier soir. Le souvenir de cette nuit afflue en lui. L'odeur de la peau de l'homme, de son tabac, et de cette sueur qui nait de l'amour, il sent tout ça sur son propre corps. Ce trouble ne peut être une illusion.
Le soir, il reste quelque temps au jardin St Roch, du côté des jeux des enfants. Là, la fine fleur de Rouen se rassemble : jeunes en jean's, mômes débraillés, clochards, filles vulgaires. Il aime les regarder, les entendre. Mais pas une seule fois, malgré le ciel très pur, il ne retrouve cette atmosphère si particulière, si chaude et si sensuelle, qu'il goûtait fort dans les jardins de Rome, de Bergame, de Vérone.
En rentrant, vers 20h45, son voisin de palier est sur le pas de sa porte, torse nu. C'est un homme qui a toujours chaud. Il a de la chance.
Lundi 27 juillet.
Marcel rêve et se réveille. Il se dit "Ah! s'il pouvait être 5h!". Il glisse un coup d'oeil timide vers le réveil : 4h55. Chic. Son rêve était étrange : il se préparait à aller à l'école (cours de Science Nat) mais il ne pouvait s'empêcher de jouer au foot dans la rue avec son frère. Le cours commençait à 10h, il se pointait à la maison à 9h45, très excité, le torse demi-nu, pour entendre les sarcasmes de son père. Il se souvenait aussi qu'en jouant au foot, la balle allait souvent dans une épicerie où une fille (était-ce Mauricette?) en blouse blanche leur renvoyait la balle.
Marcel prend le train pour Rouen.
Journée merveilleuse, le temps se dégage dans l'après-midi. Comme d'habitude lorsqu'il est en forme il fait le pitre au bureau.
Il retrouve Claude L.G. de 18h à 20h.
Le soir, ça se gâte. Accès de mélancolie.
Mardi 28.
Journée calme.
Le soir, Marcel repère une Simca blanche, qui fait le tour de la place du Vieux Marché. Elle va s'arrêter dans une rue isolée. Le conducteur ne descend pas. Marcel s'approche, et le mec le fait monter. Le début, assez tendu, lui fait prévoir une aventure peu banale. La voiture file vers Canteleu, dépasse la ville et s'enfonce dans les bois. Elle s'arrête, dans un endroit désert, et Marcel dévouvre que David -c'est son prénom- possède un corps tout en muscles. Il met dans l'amour une force peu banale. Son étreinte est brutale, mais non exempte de tendresse. Médusé, Marcel reste sans mot, tandis que David le ramène à Rouen. Le ciel est clair, les lumières scintillent et lui rappellent d'autres lumières (Nice et Rome). Tout celà concoure à le rendre mélancolique.
Mercredi 29.
Journée calme, qui passe lentement.
L'après-midi, Marcel regarde une carte de Rouen et de ses environs, et il peut retrouver un bout de la route que David a prise, hier soir. Le souvenir de cette nuit afflue en lui. L'odeur de la peau de l'homme, de son tabac, et de cette sueur qui nait de l'amour, il sent tout ça sur son propre corps. Ce trouble ne peut être une illusion.
Le soir, il reste quelque temps au jardin St Roch, du côté des jeux des enfants. Là, la fine fleur de Rouen se rassemble : jeunes en jean's, mômes débraillés, clochards, filles vulgaires. Il aime les regarder, les entendre. Mais pas une seule fois, malgré le ciel très pur, il ne retrouve cette atmosphère si particulière, si chaude et si sensuelle, qu'il goûtait fort dans les jardins de Rome, de Bergame, de Vérone.
En rentrant, vers 20h45, son voisin de palier est sur le pas de sa porte, torse nu. C'est un homme qui a toujours chaud. Il a de la chance.
vendredi 1 mai 2009
La (petite) vie de Marcel -1
Marcel emménage.
Mercredi 15 juillet.
Ca y est : Marcel a emménagé dans son boui-boui, 7 rue Bourg l'Abbé. Ce n'est pas tout à fait l'idéal : pas de chauffage, pas d'eau courante. Quant aux w.c. ils sont dans la cour, deux étages en-dessous. Mais ça ne coûte pas cher : 50 F par mois.
Le soir, il se serre sous les couvertures et il a l'impression d'être dévoré par des dizaines de puces. Ce n'est qu'une impression, heureusement. Mais la hantise des cafards, souvenir Bordelais de chez sa soeur, le réveille au milieu de la nuit. Il allume : pas un seul. Il se rendort, légèrement rassuré.
Jeudi 16.
Hier, au bureau, il n'était pas en forme (mal aux dents). Aujourd'hui, ça va mieux, et il plaisante allégrement.
Le matin, arrivé d'un inspecteur, parti en vacances, Bernard. L'impression première est qu'il n'est pas net. Ce n'est pas seulement une question de vêtements, mais aussi de coup de peigne et d'haleine. Malgré celà, les deux filles s'extasient sur sa "beauté". Il a à peu près le même âge que lui.
Le midi, ping-pong à la Maison des Jeunes, avec Babeth et Lydia, son amie portugaise (charmante et tout à fait sympa). L'après-midi, gâteaux, bière et mise en boite.
18-19-20. Week-end au Havre.
Samedi soir, vu l'étonnante Liza Minnelli à la télé. Dimanche, il pleut toute la journée. Marcel et Claudine écoutent, aux Anglais, une ancienne version des "Puritani" avec Callas et Di Stefano. Claudine s'extasie, mais Marcel est sceptique, la grosse voix de Callas lui semble inadéquate. Le soir, à la télé, "Le parfum de la dame en noir". Beaucoup de moyens mis en oeuvre pour pas grand chose. Mais Marcel a aimé l'étonnante prestation du jeune acteur qui personnifiait si sportivement Rouletabille.
Lundi 20.
Temps plutôt frais. Début d'angine. Un peu de fièvre. Le soir, Marcel est à plat. Il se couche à 20h mais, énervé, il ne peut pas s'endormir et il se décide, à 21h, à aller faire un tour. Il rencontre un homme d'âge moyen, dans un bar de la place du Vieux Marché, assez grand, fin, demi-chauve, intelligent et sensible, Claude L.G.. Il passe avec lui une bonne soirée.
Mardi 21.
Journée calme. Son angine a viré et il tient un bon rhume. Il passe le midi avec Babeth, Lydia et Lucette. Après, au bureau, Babeth et Rolande débinent Lucette avec une vacherie très féminine. Il a relu entièrement "Sanctuaire" qui lui a fait un effet extraordinaire, encore plus que lorsqu'il l'avait lu la première fois. Et puis aussi "L'Ensorcelée" de d'Aurevilly, qui ne l'a pas beaucoup emballé, et il a commencé les "Contes" d'Hoffmann.
Passé la soirée avec Claude L.G.
Mercredi 22.
C'est avec joie qu'il constate, dans les "Contes" un chapitre consacré au "Don Giovanni" de Mozart.
Très belle journée. Ciel magnifique. L'après-midi, Georgette, la rédactrice, n'étant pas là, Marcel sort prendre l'air une demi-heure. Il va chercher de la bière aux N.G. et une grande bouteille de Coca pour Babeth. Rolande a un Jules, elle est plus aimable. Après avoir fait quelques dessins sur les carreaux (représentant le rédacteur en slip de bain) qui réjouissent fort ces dames, ils jouent tous ensemble au "Mot le plus long".
Dans la soirée, il lit "La Passe Dangereuse" qui le passionne.
Jeudi 23.
Le matin passe vite, avec les infirmières du Centre de vaccination, mais l'après-midi Rolande et Babeth sont insupportables, sans parvenir à émousser sa patience.
24-25-26. Week-end au Havre.
Dimanche, il pleut toute la journée. Marcel et Claudine écoutent une petite sélection stéréo. Rien de neuf à l'horizon. Lettre de Jeannine et de la mère de Marcel. Il écrit à Jeannine.
Mercredi 15 juillet.
Ca y est : Marcel a emménagé dans son boui-boui, 7 rue Bourg l'Abbé. Ce n'est pas tout à fait l'idéal : pas de chauffage, pas d'eau courante. Quant aux w.c. ils sont dans la cour, deux étages en-dessous. Mais ça ne coûte pas cher : 50 F par mois.
Le soir, il se serre sous les couvertures et il a l'impression d'être dévoré par des dizaines de puces. Ce n'est qu'une impression, heureusement. Mais la hantise des cafards, souvenir Bordelais de chez sa soeur, le réveille au milieu de la nuit. Il allume : pas un seul. Il se rendort, légèrement rassuré.
Jeudi 16.
Hier, au bureau, il n'était pas en forme (mal aux dents). Aujourd'hui, ça va mieux, et il plaisante allégrement.
Le matin, arrivé d'un inspecteur, parti en vacances, Bernard. L'impression première est qu'il n'est pas net. Ce n'est pas seulement une question de vêtements, mais aussi de coup de peigne et d'haleine. Malgré celà, les deux filles s'extasient sur sa "beauté". Il a à peu près le même âge que lui.
Le midi, ping-pong à la Maison des Jeunes, avec Babeth et Lydia, son amie portugaise (charmante et tout à fait sympa). L'après-midi, gâteaux, bière et mise en boite.
18-19-20. Week-end au Havre.
Samedi soir, vu l'étonnante Liza Minnelli à la télé. Dimanche, il pleut toute la journée. Marcel et Claudine écoutent, aux Anglais, une ancienne version des "Puritani" avec Callas et Di Stefano. Claudine s'extasie, mais Marcel est sceptique, la grosse voix de Callas lui semble inadéquate. Le soir, à la télé, "Le parfum de la dame en noir". Beaucoup de moyens mis en oeuvre pour pas grand chose. Mais Marcel a aimé l'étonnante prestation du jeune acteur qui personnifiait si sportivement Rouletabille.
Lundi 20.
Temps plutôt frais. Début d'angine. Un peu de fièvre. Le soir, Marcel est à plat. Il se couche à 20h mais, énervé, il ne peut pas s'endormir et il se décide, à 21h, à aller faire un tour. Il rencontre un homme d'âge moyen, dans un bar de la place du Vieux Marché, assez grand, fin, demi-chauve, intelligent et sensible, Claude L.G.. Il passe avec lui une bonne soirée.
Mardi 21.
Journée calme. Son angine a viré et il tient un bon rhume. Il passe le midi avec Babeth, Lydia et Lucette. Après, au bureau, Babeth et Rolande débinent Lucette avec une vacherie très féminine. Il a relu entièrement "Sanctuaire" qui lui a fait un effet extraordinaire, encore plus que lorsqu'il l'avait lu la première fois. Et puis aussi "L'Ensorcelée" de d'Aurevilly, qui ne l'a pas beaucoup emballé, et il a commencé les "Contes" d'Hoffmann.
Passé la soirée avec Claude L.G.
Mercredi 22.
C'est avec joie qu'il constate, dans les "Contes" un chapitre consacré au "Don Giovanni" de Mozart.
Très belle journée. Ciel magnifique. L'après-midi, Georgette, la rédactrice, n'étant pas là, Marcel sort prendre l'air une demi-heure. Il va chercher de la bière aux N.G. et une grande bouteille de Coca pour Babeth. Rolande a un Jules, elle est plus aimable. Après avoir fait quelques dessins sur les carreaux (représentant le rédacteur en slip de bain) qui réjouissent fort ces dames, ils jouent tous ensemble au "Mot le plus long".
Dans la soirée, il lit "La Passe Dangereuse" qui le passionne.
Jeudi 23.
Le matin passe vite, avec les infirmières du Centre de vaccination, mais l'après-midi Rolande et Babeth sont insupportables, sans parvenir à émousser sa patience.
24-25-26. Week-end au Havre.
Dimanche, il pleut toute la journée. Marcel et Claudine écoutent une petite sélection stéréo. Rien de neuf à l'horizon. Lettre de Jeannine et de la mère de Marcel. Il écrit à Jeannine.
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