mardi 10 mars 2009

Jeannot BeGood (9)

Samedi je ne suis pas allé à la campagne car Jack avait des ennuis avec sa voiture. La sienne est chez le garagiste, et celle que sa voisine lui a prêtée refusait de démarrer.
Le soir, je suis allé voir Jeannot. Il m'a reçu complétement à poil dans son désordre habituel. Il était en manque. Son Biquet déménage. Il quitte l'apartement qu'il occupait avec sa copine et retourne vivre chez ses parents à...Montivilliers! Voilà qui ne va pas arranger les affaires de ce pauvre Jeannot, qui se voyait enfin en ménage avec lui. Tout celà me semble assez problématique. Mais tant que je n'aurai pas vu et entendu parler la Bête (Cédric) je devrai me contenter des messages, téléphoniques ou écrits, que celle-ci lui laisse : "Mon Jeannot, je ne pourrai pas te voir aujourd'hui...Je t'aime...Ton Biquet" "Mon Jeannot, etc...je n'ai pas pu me libérer....On ne se verra que vendredi....Je t'aime...Ton Biquet"....

Eh bien la Bête est venue, hier soir, avec son Monstre. Jeannot m'a téléphoné, il passera avec Cédric vers 21h pour prendre l'apéritif et pour que je finisse (enfin!) ma pellicule de photos commencée avec Rino.
Ils se sont pointés à 21h30. Je ne me souvenais plus que Cédric était si grand (1m80), aussi grand que Jeannot. Beau gosse, pas vraiment, mais typé et propre. Amoureux? Peut-être. Mais de quoi? Mais de qui? Jeannot est égal à lui-même : non point désagréable mais inconscient. Avec un short trop court, et pas de slip en dessous pour bien montrer qu'il ne veut surtout pas quitter ses habitudes, et s'amusant de réparties qui semblent lasser Cédric. Je demande à celui-ci si son copain a enfin fait du ménage chez lui en l'attendant "Non, me répond-il, c'est encore pire qu'avant" et Jeannot rigole. Mais je sens dans la voix de son Biquet une espèce de "faux départ", de déception. Espérait-il le changer en quoi que ce soit? Comment un tel couple pourrait-il durer? Comment a-t-il pu seulement exister? Seul Cédric, s'il était sincère, pourrait me l'expliquer. Mais je ne suis pas suffisamment ami avec lui pour qu'il éprouve le besoin de s'épancher même si, d'ailleurs, je connais la plupart des réponses : besoin de changement, de connaître de nouvelles expériences sexuelles, attirance des contraires, etc...
Ils partent et je reste seul, perplexe. J'aime bien Jeannot, mais pour moi son comportement me paraît sans issue et, face à lui, je ne peux être que spectateur.

dimanche 8 mars 2009

Jeannot BeGood (8)

Mardi soir, Jack et Hedwige sont venus dîner, comme d'habitude. Hedwige était très énervée. Nous avons pas mal picolé, et ce fut le bouquet lorsque son mari lui a téléphoné. Celà l'a définitivement mise de mauvais poil. Je crois que c'était au sujet de leur fille, qui est malade ou je ne sais plus quoi...
Mercredi midi, j'ai décidé de faire une petite visite impromptue à Jeannot car ça faisait un moment que je ne l'avais pas vu, ni chez moi, ni chez lui. Il était tout seul, à 11h30. Son Biquet (Cédric) me dit-il, venait juste de partir. Je ne lui ai pas dit que j'étais en congé mais j'ai inventé un stage, à la Mailleraye, afin de pouvoir me libérer en toute quiétude. Toujours le même incroyable désordre chez lui : des cartons partout, des vêtements empilés, des cassettes, un désordre indescriptible. Ai-je déjà mentionné que, dans un de ses tiroirs, j'avais découvert, entre autres ustensiles, un revolver et une paire de menottes? Mais il a une explication à celà : il paraît que chez certaines personnes, tout est net, tout est clean; mais quand tu ouvres une armoire ou un tiroir, chez ces gens-là, tout s'écroule, parce qu'ils veulent donner une impression de rangement, mais l'intérieur des meubles ce n'est que du foutoir à l'exemple de leur apparence, costume-cravate alors que dans leur tête c'est la merde absolue!
Bon, passons, parce que justement je me suis habillé comme il aime : veste, chemise, et pantalon à boutons. Nous prenons l'apéritif. Vu le bordel, je n'ai pas l'intention de bouffer avec lui, mais il est plus calme que d'habitude. Il commence à me raconter ses incroyables histoires de ventes et d'achats et, l'alcool aidant, ça me fait marrer. Je le fixe dans les yeux en me foutant de lui. Je sens une belle connivence entre nous comme je les aime, et je décide finalement de rester déjeuner. Il me raconte qu'il a attrapé des morpions, et qu'il les a refilés à son Biquet, qui a dû les refiler à sa copine. Ca le fait vachement rigoler, et ce n'est pas pour me déplaire.
Ensuite je le quitte, prétextant une reprise de stage à 14h. Nous avons bouffé du jambon avec des pâtes.

jeudi 5 mars 2009

Jeannot BeGood (7)

Mardi soir, Jack est venu manger à la maison, mais Hedwige avait oublié le jour ("mangé la commission"). Ainsi, lorsqu'elle s'est radinée le lendemain soir, nous sommes allés dîner chez Jack, à la campagne. Il faisait trop beau pour rester enfermés. Instant de bonheur où, par amitié, Hedwige a consenti à monter voir les lapins et les canards avec Jack, jusqu'en haut du pré, alors qu'elle déteste la campagne et les animaux...

"L'homme est un abîme, la tête vous tourne quand vous regardez dedans"
Woyzeck
J'avais laissé un message sur le répondeur de Jeannot. il me rappelle à 20 heures. Il a fait une rencontre merveilleuse vendredi soir. Un hétéro de 24 ans qui est (follement) amoureux de lui. Un scoop. Il est heureux, il m'appelle sa "caille d'amour", son "lapin chéri". Il va venir ce midi me raconter ça. OK. Je t'attends, mon Jeannot.

Dimanche. Je voulais en avoir le coeur net. J'étais ivre de jalousie. Comment un type comme Jeannot, qui gueule sans arrêt, qui pue des pieds, qui se traîne dans un désordre incroyable, peut-il voir défiler autant de jolis mecs chez lui? Merde, c'était à devenir dingue, à perdre tout sens de la logique. J'en crevais de rage. Il m'a téléphoné à 10h, ce matin. Je m'en doutais. Son nouveau bézot, le beau Cédric, devait être occupé dans sa famille, alors, délaissé, il se tournait vers moi. Je décide de passer le voir à 11h, sous prétexte de récupérer 2 DVD, et surtout pour voir le petit film qu'il a tourné de ses deux chéris, le fameux Cédric et un autre du nom de Fabrice. Eh bien c'est vrai! Après avoir vu Rino, il fallait que je me rende à l'évidence : les mecs de Jeannot sont beaux! Chacun à leur manière, mais ils sont beaux! Lui-même n'en revient pas "Tu te rends compte, me dit-il, la chance que j'ai!". Je l'avoue, je l'admets, même si j'en crève. Et je ne suis pas chez lui depuis un quart d'heure qu'on frappe à sa porte, et c'est Cédric qui entre, en personne. Très brun, mince, souriant, bien foutu, à la fois simple, affable, etc... Un vrai trésor. Pas du tout mon genre physiquement (je préfère les durs, les voyous) mais vraiment bien. C'est donc celui-là, son nouveau grand amour, celui qui vit avec une fille, une étudiante, et qui ne sait pas s'il va franchir le pas ou s'il va continuer sa carrière bisexuelle. Et voilà qu'on frappe encore à la porte. C'est un monde! Et Jeannot qui se plaint de crises de solitude! Serait-ce Fabrice? Je fais semblant de regarder la télé, le dos tourné aux arrivants. Non, c'est un certain Christian. "Mais tu connais peut-être Daniel" dit Jeannot. Je me retourne aussitôt pour dévoiler ma tronche. "Mais bien sûr que je le connais!" s'exclame la vieille (40 ans) folle en me tendant la main. Alors ça, vraiment, c'est le genre de connerie qui a le don de me foutre en l'air! Il me connaît, cet imbécile, et depuis quand? Parce que moi, alors, négatif. Ah, si Jack était là, il serait content, parce que c'est au Bienvenu que ce mec prétend nous avoir vus! Vive les années 80 et vive la taulière! Décidément, on n'en sort pas, c'est un cercle vicieux! Et le fameux Christian de me dire "Tu étais toujours avec un mec, à l'époque (ben oui, crétine, avec Jack) mais nous ne nous parlions pas. Il a grisonné très vite, je crois. Qu'est-ce qu'il est devenu?". Qu'est-ce que ça peut lui foutre? Et puis de toute façon Jack ne grisonne plus parce qu'il a les cheveux blancs et que ça lui va très bien! Pendant ce temps-là le beau Cédric est parti, et moi j'en fais autant. Bien entendu j'invite Jeannot, au cas où il se retrouverait seul, à venir bouffer chez moi à 13h. Je n'ai pas envie de le lâcher de sitôt, c'est un sacré phénomène, même si je regrette qu'il n'ait pas su garder Rino.

Lundi. Et pourtant je ne donne pas deux mois à Cédric pour le larguer, pour aller voir ailleurs. Je m'explique. Je suis retourné chez Jeannot ce soir, à 19h. Il travaillait la nuit dernière. Ce matin, en rentrant du boulot, comme il n'avait pas de message de Cédric il est allé carrément sous ses fenêtres, dans un bistrot en bas de chez lui d'où il lui a téléphoné. Il a eu sa copine et elle lui a passé Cédric. Celui-ci est venu le chercher et ils sont aller baiser chez Jeannot. Ensuite, à midi, Cédric est parti. Ce soir, il doit venir pour 20h30. Et Jeannot est sur les nerfs. Il repique sa crise de nerfs après sa fenêtre qui ne fonctionne pas comme il voudrait. Au lieu de s'occuper à ranger un peu tout ce qui traîne dans sa piaule en attendant son chéri il regarde la télé et picole, la cigarette au bec. Et sa baraque est un vrai bordel. Alors? Alors je donne deux mois à Cédric pour supporter un tel gâchis. On verra...

mercredi 4 mars 2009

Jeannot BeGood (6)

Vendredi, vers 19h, Jeannot m'appelle. Je les invite, lui et Rino, à venir dîner chez moi.
Ils arrivent. Rino est beau, avec un pull rouge qui lui va très bien, mettant en valeur sa chevelure noire et ses yeux bleu-marine. Jeannot est très amoureux de lui. Il le dévore des yeux, mais celà ne semble pas réciproque. Il est prêt à pleurer lorsque Rino m'explique son enfance, la DASS, beau-père, rejets successifs... Il est donc décidé à héberger Rino, à le nourrir, à l'habiller, etc. Mais Rino a-t-il, en échange, envie de baiser avec lui? Toute la question est là. Le petit film ne montrait qu'un strip-tease, une provocation de potache, quelques gestes vaguement obscènes pour voyeurisme rigolard. Bon, après tout, c'est leur problème!
En tout cas, après dîner, je repasse "Total Recall" avec Schwarzenegger, et Rino est fasciné par le film alors que Jeannot est fasciné par Rino. Je les fous à la porte à 22h30.

Samedi matin je les réveille à 8h30, car Jeannot m'a promis de m'emmener faire des courses à Auchan. J'aurais dû me douter que cette acceptation cachait encore un coup tordu de sa part. Il vient me chercher à 10h, mais il est absolument impossible, insortable, complétement associal. Passe encore en voiture, où il gueule après tout le monde, mais dans le magasin il est à chier, apostrophant les clients, faisant un scandale parce qu'il a trouvé un paquet de sucre entamé dans un rayon, etc. Je le quitte à 11h30, très mécontent.

Mercredi soir, je tenais particulièrement à réunir Jeannot et Rino, chez moi, devant un plat de spaghettis, afin de faire le point vis-à-vis de l'un et de l'autre.
D'abord, pour ce qui concerne Jeannot, je n'avais pas du tout apprécié le petit scandale qu'il avait fait à Auchan, samedi dernier. Passe encore qu'il agresse verbalement le personnel, celà ne m'impressionnait pas du tout, connaissant le bonhomme, mais le fait qu'il me prenne pour un con en me refilant toutes ses courses et en me laissant carrément tout payer à la caisse ne m'avait pas du tout (mais alors pas du tout!) fait plaisir. Aussi, je ruminais ma vengeance. Alors, quand il s'est radiné avec des DVD de cul qu'il avait commandés et qu'il voulait me "céder" pour 40 euros le DVD (au nombre de 5, donc pour 200 euros -rien que ça!) je lui ai aussitôt sorti le ticket de caisse d'Auchan, et ce devant Rino, afin de lui faire comprendre que je n'étais pas dupe de ses manigances, et je lui ai dit "Faisons les comptes!". Au vu des bouteilles de rhum (dont l'une à 12 euros) et autres bouteilles de jus d'orange pour faire son "punch-maison" dont il revendrait la bouteille 7 ou 8 euros à d'autres pigeons, sans compter les paquets de café, il a tout de suite sourcillé mais il a fermé sa gueule, devant un Rino goguenard. Et ensuite j'ai pu m'occuper tranquillement de Rino, du fait que le beau Jeannot n'a pratiquement plus pipé mot de toute la soirée, sidéré d'avoir été contré à froid dès son arrivée, et sidéré-bis par le contact que j'établissais aussitôt avec son "bézot". Car ce petit voyou, délinquant sympathique, m'apparaissait comme issu des films en noir et blanc de Pasolini et de Visconti. Il fallait donc que je sache à quoi m'en tenir puisque Jeannot, trop amoureux, était incapable d'éclairer sereinement ma lanterne à son sujet. Pourquoi, en effet, Rino n'avait-il plus aucun point d'attache, et devait-il se rabattre sur des amis occasionnels afin de l'héberger? Pourquoi avait-il eu maille à partir avec les propriétaires de la Taverne Rouge, resto-club que fréquentait Jack? Et des tas d'autres questions qui, je le savais bien, ne seraient pas élucidées en deux heures d'entretien. Mais au moins pourrais-je me faire une idée sur le bonhomme, sur sa façon de travestir les faits ou de reconnaître ses torts. Pour ce qui concernait la Taverne Rouge, je me souvenais d'un cambriolage, il y avait deux ans je crois, à la suite de quoi Christiane avait pris un berger allemand pour monter la garde. Rino me dit que Christiane l'avait accusé formellement, lui et son beau-frère, d'avoir volé des bouteilles d'alcool et des denrées. Rino nie farouchement. J'ai des doutes à la fois sur sa culpabilité et sur son innocence. Il est capable de larcins si l'occasion se présente. Toujours est-il que Christiane et Joel (les propriétaires), d'après ses dires, se seraient servis de lui pour profiter de sa jeunesse et coucher tous les deux avec lui. Et voilà qu'il se met à me donner des détails sur le couple (la nervosité de Christiane, la taille du zizi de Joel...) qui me semblent tout à fait pertinents. Il y eut donc, au début, commerce. Mais Rino, comme beaucoup de gosses abandonnés, a sa fierté et ses magouilles. Ainsi, lorsque brusquement Jeannot sort de sa torpeur pour lui reprocher de coucher avec lui tout en lui refusant son corps, Rino réplique qu'il ne fait l'amour que s'il en a envie!
Et ils partent tous les deux, Jeannot pantelant d'amour, et Rino étonnant de candeur!

mardi 3 mars 2009

Jeannot BeGood (5)

Plus les jours passent, plus je cotoie Jeannot et plus je l'apprécie. Les premières craintes se sont complétement dissipées (complétement?) et ce sont finalement ses qualités qui l'emportent sur ses défauts. Entre la tête, qui gueule sans arrêt, et les pieds, qui puent par intermittence, il y a de la place pour le coeur, que je commence à bien connaître.

Mardi soir, j'avais Hedwige et Jack à dîner, comme la plupart des mardis. Jeannot savait qu'il n'était pas invité, mais ça ne l'a pas empêché de me téléphoner à 18h. Il voulait que je passe prendre l'apéritif avec lui et Rino. Je suis allé chercher 2 bouteilles de Pastis aux Halles et je les ai retrouvés ensuite. Rino a absolument tenu à ce que je visionne le petit film X qu'ils avaient enregistré ensemble. J'étais d'accord, d'autant plus que celà me permettrait de tester les connaissances techniques de Jeannot. Ils m'ont donc passé le film, qui n'était pas trop mal réussi. Et puis Rino est parti à 19h voir un copain qui lui devait du fric.
Sur ce, un couple s'est pointé pour acheter à Jeannot un téléviseur qu'il avait mis en vente dans un journal. Jeannot leur a fait tout un baratin (très convaincant) sur l'héritage de cette télé toute neuve venant du décès de sa grand-mère. Franchement, j'y ai cru. Mais manque de bol, les deux intéressés ne voulaient la payer que 80 euros alors que Jeannot l'avait mise à 140 euros dans le canard. Ils sont partis, sans la télé. Jeannot s'est mis à gueuler "Pauvres cons, etc." Moi, toujours naïf, je lui ai dit "Pourquoi tu l'as leur à pas laissée à 80 alors qu'elle t'a rien coûté du tout?". Alors il s'est mis à m'expliquer (patiemment, et à voix presque normale) qu'il ne pouvait pas la vendre 80 vu qu'il l'avait achetée 80 la semaine précédente à un type qui avait foutu la même annonce dans un autre journal. Je commençais enfin à comprendre pourquoi il y avait tant de merdes dans son appartement, et pourquoi il était toujours fourré à la salle des ventes.
Rino s'est radiné, la tronche enfarinée car il avait récupéré son argent, et il a voulu fêter ça en vidant la première bouteille de Pastis, mais je les ai laissés pour retourner chez moi accueillir Jack et Hedwige. Celle-ci folle de joie parce que son mari avait réussi à vendre 115.000 euros leur baraque de Montivilliers qui avait été estimée 92.000 euros. Du coup, il me semble bien qu'au téléphone elle l'a appelé "chéri" et non "connard" (ils sont en instance de divorce).

Mercredi, j'ai eu à peine le temps de partir du bureau que Jeannot m'attendait déjà devant ma porte, à 16h45. Il voulait que j'aille faire les courses avec lui. Nous sommes d'abord passé à son domicile, histoire de picoler, et un autre mec s'est radiné, un certain Valery (?) si j'ai bien compris, jeune mais tout à fait à l'opposé de Rino, beaucoup plus clean et plus discret. Jeannot semblait en être autant zinzin que de Rino (ce sont ses "bézots" comme son chien!), l'entourant de ses bras protecteurs toutes les cinq minutes. Il lui a repassé un peu du film de Rino et nous sommes partis tous les trois faire les courses. En fait, il s'agissait de l'achat d'un verrou. De nouveau, je me posais des questions : pourquoi avait-il besoin de moi pour acheter un putain de verrou? N'était-ce pas encore un prétexte pour me montrer qu'il avait plusieurs "copains", tous jeunes et pas mal foutus, qui fréquentaient assidûment son appartement bordélique? Dans la bagnole il s'est lancé dans toute une histoire de verrou et de fric, d'assurance et de revente de verroux à laquelle je n'ai pas vraiment porté attention. Ensuite, le verrou acheté (quel cinéma encore, avec le vendeur! Quel baratin!) et le "bézot" parti, j'ai dîné avec Jeannot. Il était content de lui, il m'avait montré son nouveau mec, et il s'est mis à m'emmerder grave avec l'idée de faire un film avec moi, ce qui m'a tellement saoulé que je lui ai promis de le faire un de ces jours. Et nous nous sommes quittés à 21h, heure où il est parti travailler.

lundi 2 mars 2009

Jeannot BeGood (4)

Exit Danièle, bonjour Rino.
Jeannot aime pratiquer la douche écossaise.
Une semaine après, un samedi soir, il me téléphone vers 18h. Il se fait chier, alors il vient passer la soirée chez moi. Sans le brusquer dans ses sentiments (car il n'aime pas ça) j'essaye d'en savoir un peu plus sur lui, sur son passé, et j'apprends que ses parents étant divorcés, il fut mis en pension avec son frère, dès l'âge de 8 ans, chez les bonnes soeurs...
Après avoir dîné ensemble (dindonneau froid et mayonnaise) il s'installe sur le divan et il me demande de lui passer un film "gore". Comme je ne suis pas un fanatique de ce genre de cinéma, je mets "Gothic" dans le lecteur de DVD. Résultat, il s'endort au bout d'un quart d'heure. Je le laisse dormir, je regarde le film jusqu'à 22h30. Je m'occupe, je fais la vaisselle mais, à 23h30, je suis forcé de le réveiller : je ne veux pas qu'il reste coucher chez moi. Il part, sans trop faire la gueule.

Dimanche midi, il me téléphone et m'annonce qu'en sortant de chez moi il a traîné dans Le Havre jusqu'à 4h du matin, et que c'est finalement dans la tasse de St François qu'il a tiré son coup avec un mec "en costume" comme il les aime. Bon, passons, je suppose que c'est sa façon de me provoquer. Il me demande de passer le voir et j'accepte en lui annonçant que je me pointerai vers 14h.
Il pleuvait des cordes depuis le matin, et il devait pleuvoir toute la journée. Je me suis radiné chez lui à l'heure dite. Il bouffait des escargots. Mais, putain, la vaisselle! Ca faisait 3 semaines qu'elle fermentait dans les deux bacs. Je me suis mis à la faire, et ça a duré jusqu'à 16h. Mais j'en avais marre. Je suis rentré chez moi pour faire une pause et pour me calmer car je n'arrivais pas à comprendre pourquoi il se comportait de cette façon. Et je suis retourné le voir à 19h.
Et c'est là que je l'ai vu attablé avec RINO. Putain! Est-ce que cet enfoiré de Jeannot m'avait fait venir chez lui uniquement pour faire la vaisselle, afin de recevoir son nouveau copain dans un environnement un peu moins dégueulasse? J'ai donc vu un jeune mec de 23 ans, qui m'a dit être né à Venise. En tout cas une belle gueule d'italien, brun aux yeux bleus, un beau corps d'après ce que j'ai aperçu, et un bagou monstre, ni ange ni démon, à la façon des voyous de Pasolini. Attachant, mais assez gigolo sur les bords, se vantant de ses conquêtes autant masculines que féminines, et décidé à tourner avec Jeannot un 2ème film X (parce qu'il y en avait eu un premier???) prévu dans le courant de la semaine.
Et puis le gamin s'est barré à 19h45 et nous avons mangé tous les deux, omelette et bouteille de vin que j'avais amenée. Mais quand j'ai voulu interroger Jeannot sur les activités réelles de son nouveau boyfriend (arnaques? larcins? prostitution?) j'ai vu la barrière de ses beaux yeux bleus se refermer avec une lenteur étudiée qui en disait long sur son refus de collaborer.
Je n'ai pas insisté, et comme il travaillait de nuit, nous nous sommes quittés à 21h. La pluie, qui s'était calmée, en hommage sans doute à la beauté du jeune "vénitien", s'était remise à tomber en voyant débouler ma tronche de cake.

dimanche 1 mars 2009

Jeannot BeGood (3)

Un week-end d'enfer
Vendredi soir j'ai téléphoné à Robert, pour avoir de ses nouvelles, et surtout pour me renseigner sur l'imprévisible Jeannot. A nouveau, en l'écoutant, je recommençais à douter. Jeannot ne m'avait pas dit (ou c'était bien gardé de me dire) que Robert l'avait chargé d'aller à la gare, ce vendredi soir, pour accueillir une certaine Danièle, Canadienne et amie commune, qui venait passer le week-end avec eux, qu'ils connaissaient déjà depuis décembre à Paris, et qui plaisait un peu à Jeannot -ce même Jeannot qui allait l'héberger pendant ces trois jours puisque Robert en était incapable physiquement, vu son accident de travail qui le laissait sacrément handicapé.
Donc je me couchai ce vendredi soir avec une impression mitigée au fond de la tête.
Le lendemain, samedi, je préférai filer à Paris pour me dépoussiérer l'esprit du côté des Halles et de la Fnac.
Retour au Havre, le soir, fatigué, mal au crane et mal aux reins. Sur ce, Jeannot me téléphone et m'engueule : ça n'allait pas du tout comme il l'espérait. Danièle ne voulait pas faire la vaisselle, et il avait essayé plusieurs fois de m'appeler, ne sachant pas que je m'étais barré à Paris. Je le laisse là-dessus et me passe le DVD du "Tess" de Polanski que je n'avais pas vu depuis longtemps.

Dimanche matin, à 10h30, j'appelle Robert pour avoir des nouvelles un peu moins brèves. Il attend les deux zigotos, qui doivent venir déjeuner chez lui, Jeannot s'occupant de préparer, at home, le "lapin chasseur". Comme Robert ne me dit pas de monter, j'en conclus que je ne suis pas invité. Ok, c'est pas grave, mais je rumine sec. Et, après mûrs grognements intérieurs, je me décide à appeler Jeannot. Oui, Robert les attend bien pour manger, etc.... Comprenant (sans doute) que je suis un peu vexé d'être largué, il s'invite à venir prendre l'apéritif chez moi, avec Danièle, avant de monter chez Robert. J'accepte et je raccroche. Nouvelle appréhension : comment va être Danièle? Coment va se comporter Jeannot? Je prends un Vermouth-bianco, pour me donner du courage. Ils se pointent à 12h30. Jeannot s'est fait de grandes méches blondes sur tout le devant des cheveux. Il est déchaîné, comme d'habitude, il gueule mais je le calme un peu. Danièle est plus discrète, assez insignifiante, mais tout de même mieux que je ne l'imaginais. Je m'attendais tellement au pire! Je téléphone à Robert pour l'avertir que ses invités sont chez moi et qu'ils ne vont pas tarder à monter chez lui. Catastrophe! Il se met à gueuler "Je ne suis pas content du tout! Ils m'avaient dit à midi, et il est déjà 13 heures. Je vais manger sans eux!". Je le calme, tandis que Jeannot s'énerve de nouveau : si Robert n'est pas content, il va rester bouffer chez moi, avec Danièle, puisqu'il a le "lapin chasseur" tout prêt dans sa voiture. Pas question, je ne veux pas les avoir ici toute la journée, surtout que Jeannot est déjà à moitié bourré. Non, Robert les attend, ils n'ont qu'à y aller! Jeannot veut m'emmener avec eux, mais je lui dis que je ne suis pas invité. Ils partent. Je n'en entendrai plus parler de toute la journée. Pas de coup de fil, rien.
Je m'accorde une heure de sieste.
A 20h, j'appelle Jack. Neuf canards sont nés samedi. Il a passé toute sa journée à leur construire une cabane et un enclos pour les protéger des chats qui ont manifestement envie de faire jou-jou avec eux...