Mercredi 29.
Encore une belle journée. Le temps, d'abord, s'est stabilisé. Juste un peu de vent, et le soleil. Nicole a bien transpiré toute la journée. José est venu la chercher à 14h, elle a repris le vélo et ils sont allés à la plage. Le plus drôle, c'est qu'il ne semblait toujours pas se douter qu'elle baisait avec Manuel, ou alors il faisait exprès de ne pas vouloir l'interroger, ce qui était un comble pour un mec qui passait son temps à se repaître de l'évaluation des différentes performances sexuelles des uns et des autres... "Tu auras passé 15 jours sans goûter à la chair locale" lui dit-il avec un certain amusement. Elle faillit tout lui révéler, mais elle se retint : Manuel n'aurait pas apprécié car José se serait empressé de lui balancer "Alors, petits cachottiers, vous m'avez bien eu!". Elle se doutait que les deux hommes ne fréquentaient pas du tout le même milieu : ils étaient copains, mais sans plus, et comme elle n'était que de passage, elle ne voulait pas les mettre mal à l'aise en proférant des insinuations inutiles.
A 18h30 elle est allée chercher le Trio Infernal. Elle ne se sentait pas très en forme (trop de chaleur, sans doute). Ils sont partis tous les 4 à Collioure. Jerry conduisait très vite, sans état d'âme, et elle aimait ça. Sophie, de son côté, était partie à rire et à déconner. Elle n'a pas arrêté de toute la soirée. Béa s'est montrée gentille, pas trop énervée (elle n'a rien bouffé, bien entendu, mais ce n'était pas grave). A Collioure, le Tapas où ils avaient mangé, avec Manuel, était fermé (il n'ouvrait que du jeudi au dimanche). Ils se sont renseignés et, avec beaucoup de mal (faut vraiment savoir où ils sont, ces putains de Tapas!) ils ont trouvé un Tapas Bodega dans une rue paumée. Forcément, ils étaient les seuls clients, puisque tout le monde se contente de bouffer sur le port! Mais qu'est-ce que c'était bon! Ils ont commandé de tout : des gambas, des escargots, du Serrano, des calamars, des coques, des moules. Nicole avait commandé du vin blanc (Salernes blanc?). Ensuite, ils se sont retrouvés sur le port, à boire de la bière fraîche. Jerry et Nicole plaisantaient, pendant que Sophie était écroulée de rire sur son jus d'ananas. Le serveur était très brun, très beau, et Nicole dit à Jerry "J'irai bien faire la vaisselle chez lui!" et Jerry "Avec des gants Matta?" - "Non, avec la langue!". Sophie n'arrêta pas de la traiter de "vieille cochonne" pendant le trajet du retour.
Couchée vers 23h.
lundi 30 mars 2009
samedi 28 mars 2009
les vacances de Nicole (12)
Mardi 28.
Pour Nicole, ce fut sans doute la plus belle journée de la semaine, et certainement de toutes ses vacances, comme quoi elle aurait eu tort de se lamenter sur l'absence de Manuel.
José est venu la chercher à 10h, avec la voiture de sa voisine. Ils sont allés directement en Espagne, à Figueras. Le temps qu'il aille signer un papier à la banque (une histoire d'héritage, semblait-il) et les voilà rendus au musée Salvador Dali.
Elle connaissait l'édifice de réputation, pour l'avoir vu dans divers bouquins d'art. Elle fut émerveillée. Pour elle, Dali était le seul vrai surréaliste, c'est-à-dire le seul artiste surréaliste qui ait fait de sa propre vie un hymne au surréalisme au point de se faire virer par les surréalistes eux-mêmes. Il ne pouvait donc se construire un sanctuaire qu'à la mesure de son génie. Et pour elle, un chef d'oeuvre absolu. Non pas un foutoir ou un attrape-nigauds, mais une oeuvre construite, ordonnée, déroutante, avec une rigueur vertigineuse : le plus incroyable des parcours oniriques. Jamais elle n'avait rien vu d'aussi beau, d'aussi magique, d'aussi incontournable, d'aussi mystique. Cet amour pour Gala, cette extraordinaire communion dynamisaient ce lieu en un puissant repaire, et un authentique repère à la célébration de l'amour-fou.
Ensuite, par une chaleur écrasante mais supportable (30° à l'ombre) ils ont remonté des routes à flanc de montagne, en passant par Mollet de Peralada et Sant Pere de Rodes, à la découverte de merveilleux sites médiévaux encore intacts, ou du moins encore fiers de leur arrogance d'antan.
José fut fabuleux, roulant sans cesse en agonisant les femmes conductrices, avec une vigueur et une mauvaise foi qui amusaient beaucoup Nicole, qui acceptait ce déréglement hormonal comme faisant partie du surréalisme environnant.
Le soir, elle est allée prendre l'apéritif dans l'appartement du Trio Infernal, à 19h45. Elle avait déjà éclusé un bière bien fraîche à Port Bou, et elle était bien mûre pour faire l'andouille. Elle avait même apporté avec elle sa bouteille de Bourbon, afin de la liquider avant son départ. Jerry a tout de suite repéré qu'elle était prête à faire des étincelles. Il a servi le Bourbon pendant que les filles sortaient de la douche. Elle leur a parlé de son emballement pour le musée Dali et Jerry a de nouveau rempli les verres. Ensuite Sophie et Béa sont allées téléphoner à Betty, qui débarque jeudi matin avec Claude. Pendant ce temps, Manuel les a rejoints. José avait prévenu Nicole que dimanche soir il l'avait rencontré à Perpignan et qu'il l'avait vu sortir son couteau à cran d'arrêt et menacer deux jeunes qu'il avait pris pour des arabes. Comme il avait parlé d'apporter du shit, elle lui en a réclamé. Il a promis d'en amener jeudi soir, et Jerry était d'accord pour en fumer tous ensemble. Nicole se disait "C'est pas vrai, Manuel n'en apportera pas. Il en rajoute toujours un peu pour bien attirer l'attention sur lui, même si les autres s'aperçoivent très vite qu'il raconte des conneries". De toute façon, elle était remontée contre lui puisqu'il l'avait laissée tomber deux soirs de suite. Et, à partir de 22h, elle a commencé vraiment à déconner. Elle avait mis exprès le tee-shirt blanc (elle a horreur du blanc) qu'il lui avait offert, elle l'a enlevé et elle l'a balancé chez les voisins du dessous. Ensuite, elle est partie, laissant tout le monde en plan (connaissant Sophie, elle savait qu'elle devait être tordue de rire en la traitant de "barjo") et elle est remontée chez elle. Elle s'est habillée rapidement et Manuel l'a emmenée bouffer une salade sur le port. Elle tenait à peine debout en rentrant, mais intérieurement elle rigolait comme une cinglée. Manuel s'est écroulé sur le divan et elle s'est assise sur lui. Elle ne savait plus très bien où elle en était, mais elle voulait lui faire payer ses absences et son manque d'amour "passionnel".
Pour Nicole, ce fut sans doute la plus belle journée de la semaine, et certainement de toutes ses vacances, comme quoi elle aurait eu tort de se lamenter sur l'absence de Manuel.
José est venu la chercher à 10h, avec la voiture de sa voisine. Ils sont allés directement en Espagne, à Figueras. Le temps qu'il aille signer un papier à la banque (une histoire d'héritage, semblait-il) et les voilà rendus au musée Salvador Dali.
Elle connaissait l'édifice de réputation, pour l'avoir vu dans divers bouquins d'art. Elle fut émerveillée. Pour elle, Dali était le seul vrai surréaliste, c'est-à-dire le seul artiste surréaliste qui ait fait de sa propre vie un hymne au surréalisme au point de se faire virer par les surréalistes eux-mêmes. Il ne pouvait donc se construire un sanctuaire qu'à la mesure de son génie. Et pour elle, un chef d'oeuvre absolu. Non pas un foutoir ou un attrape-nigauds, mais une oeuvre construite, ordonnée, déroutante, avec une rigueur vertigineuse : le plus incroyable des parcours oniriques. Jamais elle n'avait rien vu d'aussi beau, d'aussi magique, d'aussi incontournable, d'aussi mystique. Cet amour pour Gala, cette extraordinaire communion dynamisaient ce lieu en un puissant repaire, et un authentique repère à la célébration de l'amour-fou.
Ensuite, par une chaleur écrasante mais supportable (30° à l'ombre) ils ont remonté des routes à flanc de montagne, en passant par Mollet de Peralada et Sant Pere de Rodes, à la découverte de merveilleux sites médiévaux encore intacts, ou du moins encore fiers de leur arrogance d'antan.
José fut fabuleux, roulant sans cesse en agonisant les femmes conductrices, avec une vigueur et une mauvaise foi qui amusaient beaucoup Nicole, qui acceptait ce déréglement hormonal comme faisant partie du surréalisme environnant.
Le soir, elle est allée prendre l'apéritif dans l'appartement du Trio Infernal, à 19h45. Elle avait déjà éclusé un bière bien fraîche à Port Bou, et elle était bien mûre pour faire l'andouille. Elle avait même apporté avec elle sa bouteille de Bourbon, afin de la liquider avant son départ. Jerry a tout de suite repéré qu'elle était prête à faire des étincelles. Il a servi le Bourbon pendant que les filles sortaient de la douche. Elle leur a parlé de son emballement pour le musée Dali et Jerry a de nouveau rempli les verres. Ensuite Sophie et Béa sont allées téléphoner à Betty, qui débarque jeudi matin avec Claude. Pendant ce temps, Manuel les a rejoints. José avait prévenu Nicole que dimanche soir il l'avait rencontré à Perpignan et qu'il l'avait vu sortir son couteau à cran d'arrêt et menacer deux jeunes qu'il avait pris pour des arabes. Comme il avait parlé d'apporter du shit, elle lui en a réclamé. Il a promis d'en amener jeudi soir, et Jerry était d'accord pour en fumer tous ensemble. Nicole se disait "C'est pas vrai, Manuel n'en apportera pas. Il en rajoute toujours un peu pour bien attirer l'attention sur lui, même si les autres s'aperçoivent très vite qu'il raconte des conneries". De toute façon, elle était remontée contre lui puisqu'il l'avait laissée tomber deux soirs de suite. Et, à partir de 22h, elle a commencé vraiment à déconner. Elle avait mis exprès le tee-shirt blanc (elle a horreur du blanc) qu'il lui avait offert, elle l'a enlevé et elle l'a balancé chez les voisins du dessous. Ensuite, elle est partie, laissant tout le monde en plan (connaissant Sophie, elle savait qu'elle devait être tordue de rire en la traitant de "barjo") et elle est remontée chez elle. Elle s'est habillée rapidement et Manuel l'a emmenée bouffer une salade sur le port. Elle tenait à peine debout en rentrant, mais intérieurement elle rigolait comme une cinglée. Manuel s'est écroulé sur le divan et elle s'est assise sur lui. Elle ne savait plus très bien où elle en était, mais elle voulait lui faire payer ses absences et son manque d'amour "passionnel".
jeudi 26 mars 2009
les vacances de Nicole (11)
Lundi 27.
José avait prévenu Nicole qu'il ne viendrait pas la chercher pour aller à la plage parce que, tous les lundis, il faisait les courses.
Elle s'est donc rendue à la plage toute seule, à 15h, mais pas à celle des échangistes. Elle a préféré le côté des Marinas.. Il faisait très beau et il n'y avait pas un souffle de vent. Elle est rentrée à 17h. Elle se sentait très bien, très calme. Elle était persuadée que Manuel ne viendrait pas. Elle a poursuivi la rédaction de son récit en buvant du vin. Vers 20h30 c'est le Trio Infernal qui s'est radiné. Il se demandait ce qu'elle devenait. Elle leur a vaguement expliqué que Manuel n'était pas venu la voir dimanche soir parce qu'il devait être trop bourré. Jerry a pris un verre de vin avec elle et puis ils sont partis. Malgré tout, Nicole espérait que Manuel ferait un effort pour passer, mais ce ne fut pas le cas. Elle en conclut que cette liaison n'était pas d'une nécessité absolue.
José avait prévenu Nicole qu'il ne viendrait pas la chercher pour aller à la plage parce que, tous les lundis, il faisait les courses.
Elle s'est donc rendue à la plage toute seule, à 15h, mais pas à celle des échangistes. Elle a préféré le côté des Marinas.. Il faisait très beau et il n'y avait pas un souffle de vent. Elle est rentrée à 17h. Elle se sentait très bien, très calme. Elle était persuadée que Manuel ne viendrait pas. Elle a poursuivi la rédaction de son récit en buvant du vin. Vers 20h30 c'est le Trio Infernal qui s'est radiné. Il se demandait ce qu'elle devenait. Elle leur a vaguement expliqué que Manuel n'était pas venu la voir dimanche soir parce qu'il devait être trop bourré. Jerry a pris un verre de vin avec elle et puis ils sont partis. Malgré tout, Nicole espérait que Manuel ferait un effort pour passer, mais ce ne fut pas le cas. Elle en conclut que cette liaison n'était pas d'une nécessité absolue.
les vacances de Nicole (10)
Dimanche 26.
Déception, en visionnant le petit film sur Collioure : rien. Ou bien Nicole n'avait pas su enregistrer, ou bien tout avait été effacé (mais comment?). Elle avait eu le tort de confier son caméscope à Manuel, pour qu'il la prenne devant le château des Templiers. Peut-être avait-il appuyé malencontreusement sur un bouton, elle ne savait pas.
Autre déception : le temps se dégradait, et José qui devait venir la chercher pour aller à la plage s'était décommandé, bien entendu. Elle est restée seule toute la journée. Elle a dormi, elle a com-
mencé un récit : "Aventure touristique" où elle refusait de révéler le sexe du personnage principal. Ainsi, elle écrivait, au lieu de "Hier, je me suis saoulé" ou "Je me suis saoulée" : "Le vin m'a tourné la tête". Ce serait son premier récit "androgyne" mais elle ne savait pas si elle pourrait tenir jusqu'au bout.
Manuel n'est pas venu la voir (c'est sans doute parce qu'il avait passé toute la nuit avec elle, la veille)... Si demain tout se passait bien à Figueras avec José elle repartirait contente, heureuse de ses vacances, et sans regret pour Manuel.
La vie est une salope et nous sommes les enfants de ses noces maudites avec le firmament.
Déception, en visionnant le petit film sur Collioure : rien. Ou bien Nicole n'avait pas su enregistrer, ou bien tout avait été effacé (mais comment?). Elle avait eu le tort de confier son caméscope à Manuel, pour qu'il la prenne devant le château des Templiers. Peut-être avait-il appuyé malencontreusement sur un bouton, elle ne savait pas.
Autre déception : le temps se dégradait, et José qui devait venir la chercher pour aller à la plage s'était décommandé, bien entendu. Elle est restée seule toute la journée. Elle a dormi, elle a com-
mencé un récit : "Aventure touristique" où elle refusait de révéler le sexe du personnage principal. Ainsi, elle écrivait, au lieu de "Hier, je me suis saoulé" ou "Je me suis saoulée" : "Le vin m'a tourné la tête". Ce serait son premier récit "androgyne" mais elle ne savait pas si elle pourrait tenir jusqu'au bout.
Manuel n'est pas venu la voir (c'est sans doute parce qu'il avait passé toute la nuit avec elle, la veille)... Si demain tout se passait bien à Figueras avec José elle repartirait contente, heureuse de ses vacances, et sans regret pour Manuel.
La vie est une salope et nous sommes les enfants de ses noces maudites avec le firmament.
mercredi 25 mars 2009
les vacances de Nicole (9)
Samedi 25.
Ce matin, à 8h, Nicole est allée filmer les Marinas. La chaleur était déjà omniprésente. Elle n'aurait aucun regret à retourner au Havre vendredi prochain. Physiquement, elle s'est déjà détachée de Manuel. Il a 38 ans, et comme son seul sport est la pêche, s'il continue à bouffer comme il le fait, dans 5 ans il aura pris 10 kgs et aura perdu la moitié de ses cheveux. Par contre, elle éprouvait de la sympathie pour son caractère, à la fois rude et sentimental, et elle aurait le souvenir de très agréables moments passés avec lui. Mais si un autre homme se présentait, pour sa seconde semaine à Saint-Cyprien, elle n'aurait aucun état d'âme à se laisser séduire. C'était ainsi, et ce n'était pas autrement.
Manuel est venu la chercher à 16h30. En partant, ils sont allés voir si le Trio Infernal était encore là mais il était déjà parti. Nicole était un peu déçue, mais cette impression s'est vite dissipée dans la voiture. Pour une fois qu'ils étaient seuls, Manuel et elle, elle n'allait pas se plaindre. Ils ont opté pour Collioure, puisqu'elle n'avait vu la ville que de nuit. Le temps était en train de changer : toute une zone de nuages leur arrivait de la montagne. Collioure lui apparut comme une ville charmante, un peu comme Honfleur, mais avec moins de cachet du fait de restaurations modernes incongrues. Elle a filmé les principaux monuments. Elle aurait bien voulu monter à pied jusqu'au vieux château des Templiers, à travers les vignes, mais Manuel était essoufflé au bout de 5 minutes. Inutile d'insister. Ils sont redescendus manger au Tapas de la dernière fois. Arrivés à 19h, ils étaient les premiers. et ils ont pu avoir une petite table. Elle a mangé du jambon, de la saucisse, des gambas et de la poire au Banyuls, le tout arrosé de vin blanc. Elle en a profité pour mettre les choses au point, en regardant Manuel bien dans les yeux : "Pendant une semaine, tu m'as obligée à aller chez Hélène. J'ai obéi pour te faire plaisir. Tu me l'as imposée. Mais elle n'a aucune sympathie pour moi et je n'en ai aucune pour elle. C'est terminé. Dorénavant, tu vas la voir sans moi. Je ne veux plus la supporter. J'ai horreur de me sacrifier pour des gens à qui je suis indifférente". Il a accusé le coup. Net et sans bavure.
Ils sont rentrés à 21h. Le vent soufflait maintenant en rafales et les éclairs sillonnaient le ciel. La pluie s'est mise à tomber : pas question d'aller sur le port. Ils se sont couchés, ils ont fait l'amour. Il l'a faite jouir. Il semblait content.
Ce matin, à 8h, Nicole est allée filmer les Marinas. La chaleur était déjà omniprésente. Elle n'aurait aucun regret à retourner au Havre vendredi prochain. Physiquement, elle s'est déjà détachée de Manuel. Il a 38 ans, et comme son seul sport est la pêche, s'il continue à bouffer comme il le fait, dans 5 ans il aura pris 10 kgs et aura perdu la moitié de ses cheveux. Par contre, elle éprouvait de la sympathie pour son caractère, à la fois rude et sentimental, et elle aurait le souvenir de très agréables moments passés avec lui. Mais si un autre homme se présentait, pour sa seconde semaine à Saint-Cyprien, elle n'aurait aucun état d'âme à se laisser séduire. C'était ainsi, et ce n'était pas autrement.
Manuel est venu la chercher à 16h30. En partant, ils sont allés voir si le Trio Infernal était encore là mais il était déjà parti. Nicole était un peu déçue, mais cette impression s'est vite dissipée dans la voiture. Pour une fois qu'ils étaient seuls, Manuel et elle, elle n'allait pas se plaindre. Ils ont opté pour Collioure, puisqu'elle n'avait vu la ville que de nuit. Le temps était en train de changer : toute une zone de nuages leur arrivait de la montagne. Collioure lui apparut comme une ville charmante, un peu comme Honfleur, mais avec moins de cachet du fait de restaurations modernes incongrues. Elle a filmé les principaux monuments. Elle aurait bien voulu monter à pied jusqu'au vieux château des Templiers, à travers les vignes, mais Manuel était essoufflé au bout de 5 minutes. Inutile d'insister. Ils sont redescendus manger au Tapas de la dernière fois. Arrivés à 19h, ils étaient les premiers. et ils ont pu avoir une petite table. Elle a mangé du jambon, de la saucisse, des gambas et de la poire au Banyuls, le tout arrosé de vin blanc. Elle en a profité pour mettre les choses au point, en regardant Manuel bien dans les yeux : "Pendant une semaine, tu m'as obligée à aller chez Hélène. J'ai obéi pour te faire plaisir. Tu me l'as imposée. Mais elle n'a aucune sympathie pour moi et je n'en ai aucune pour elle. C'est terminé. Dorénavant, tu vas la voir sans moi. Je ne veux plus la supporter. J'ai horreur de me sacrifier pour des gens à qui je suis indifférente". Il a accusé le coup. Net et sans bavure.
Ils sont rentrés à 21h. Le vent soufflait maintenant en rafales et les éclairs sillonnaient le ciel. La pluie s'est mise à tomber : pas question d'aller sur le port. Ils se sont couchés, ils ont fait l'amour. Il l'a faite jouir. Il semblait content.
lundi 23 mars 2009
les vacances de Nicole (8)
Vendredi 24.
Nicole est allée passer l'après-midi à Perpignan.
Elle aurait dû prendre le car de 9h mais elle n'était pas en forme. Alors, elle a pris celui de 13h. Il faisait très chaud, et énormément de vent à Saint-Cyprien (un peu moins à Perpignan). Elle n'était pas habituée à cette chaleur surtout en ville et, malgré la bouteille d'eau fraîche qu'elle avait emportée, elle avait tout le temps la bouche sèche. Elle s'est rendue chez José, mais il n'était pas là (déjà en train de draguer?). Alors, elle a fait un tour au Palais des Congrés où elle est tombée sur un type super-charmant qui lui a donné un plan et lui a indiqué plusieurs endroits et monuments à visiter. Elle s'est aperçue qu'elle avait du mal à le quitter (sa façon de la regarder) mais elle pouvait difficilement lui demander s'il était libre le soir! Alors elle s'est contentée de prendre une série de photos (Préfecture, église, château des rois maures) et elle a repris le car de 18h30, un peu déçue de ne pas avoir trouvé José chez lui. En rentrant, elle s'est sentie très fatiguée et littéralement déshydratée.
Manuel est venu à 21h et il voulait l'emmener de nouveau chez Josef à Perpignan pour bouffer les restes du midi. S'il n'y avait pas eu Hélène elle aurait peut-être accepté, mais elle y serait (avec son fils, rentré pour le week-end). Elle en avait marre de se taper cette bonne femme tous les soirs. Heureusement que, la veille, elle avait déjà refusé l'invitation de Josef. Tant pis pour le plateau de fruits de mer . Ils ont fait l'amour par terre, sur le matelas, pour ne pas péter d'autres lames du lit. Elle a fait jouir Manuel sans y trouver de plaisir particulier. Pour le rassurer elle lui a raconté une histoire bidon de blocage à cause d'un ami qui s'était tué au volant de sa voiture. Elle ne sait pas très bien pourquoi elle lui a raconté ça, mais quand il est parti, à 23h, elle s'est sentie plus libre, plus détendue. Elle souriait même, avec la certitude qu'elle allait passer une bonne nuit. D'ailleurs, au milieu de la nuit, elle s'est réveillée en repensant à cette histoire, et ça l'a bien fait marrer.
Nicole est allée passer l'après-midi à Perpignan.
Elle aurait dû prendre le car de 9h mais elle n'était pas en forme. Alors, elle a pris celui de 13h. Il faisait très chaud, et énormément de vent à Saint-Cyprien (un peu moins à Perpignan). Elle n'était pas habituée à cette chaleur surtout en ville et, malgré la bouteille d'eau fraîche qu'elle avait emportée, elle avait tout le temps la bouche sèche. Elle s'est rendue chez José, mais il n'était pas là (déjà en train de draguer?). Alors, elle a fait un tour au Palais des Congrés où elle est tombée sur un type super-charmant qui lui a donné un plan et lui a indiqué plusieurs endroits et monuments à visiter. Elle s'est aperçue qu'elle avait du mal à le quitter (sa façon de la regarder) mais elle pouvait difficilement lui demander s'il était libre le soir! Alors elle s'est contentée de prendre une série de photos (Préfecture, église, château des rois maures) et elle a repris le car de 18h30, un peu déçue de ne pas avoir trouvé José chez lui. En rentrant, elle s'est sentie très fatiguée et littéralement déshydratée.
Manuel est venu à 21h et il voulait l'emmener de nouveau chez Josef à Perpignan pour bouffer les restes du midi. S'il n'y avait pas eu Hélène elle aurait peut-être accepté, mais elle y serait (avec son fils, rentré pour le week-end). Elle en avait marre de se taper cette bonne femme tous les soirs. Heureusement que, la veille, elle avait déjà refusé l'invitation de Josef. Tant pis pour le plateau de fruits de mer . Ils ont fait l'amour par terre, sur le matelas, pour ne pas péter d'autres lames du lit. Elle a fait jouir Manuel sans y trouver de plaisir particulier. Pour le rassurer elle lui a raconté une histoire bidon de blocage à cause d'un ami qui s'était tué au volant de sa voiture. Elle ne sait pas très bien pourquoi elle lui a raconté ça, mais quand il est parti, à 23h, elle s'est sentie plus libre, plus détendue. Elle souriait même, avec la certitude qu'elle allait passer une bonne nuit. D'ailleurs, au milieu de la nuit, elle s'est réveillée en repensant à cette histoire, et ça l'a bien fait marrer.
dimanche 22 mars 2009
les vacances de Nicole (7)
Jeudi 23.
Nicole s'est réveillée à 9h, avec des coups de soleil sur les genoux et les chevilles, dûs à sa nouvelle activité cyclomotorique. En mettant les pieds par terre, elle s'est même demandée si elle allait pouvoir tenir debout.
A 10h, elle est allée chercher le Trio Infernal : Jerry l'Ourson, Sophie la Teigne et Béa la Maligne, pour aller avec eux à Elne, et filmer le cloître qu'elle n'avait pas pu voir la veille. Ce n'est que devant un bon verre de bière bien fraîche, à 11h, qu'elle s'est remise à vivre.
A 14h, José est venu la chercher, mais une fois à la plage, elle a refusé de se mettre avec les deux Marseillais. Leurs commérages l'emmerdent, et elle s'est mise à l'écart, un peu plus bas près de la mer. De toute façon, demain elle va passer la journée à Perpignan, et mardi prochain José l'emménera en Espagne. Dimanche, par contre, Manuel est pris de son côté...
Sophie a fini par avoir gain de cause. Elle est allée ce matin voir le directeur qui lui a refilé un appartement comme celui de Nicole. En fait, il s'agit d'une question de soleil : elle n'avait pas le soleil, elle était trop près de la rue, gnagnagna... Ce soir, c'est la Saint Jean. Manuel va venir la prendre à 20h30. Elle est sûre qu'il va vouloir emmener sa copine Hélène. Déjà, hier soir, il voulait aller se baigner à poil avec elle dans le port. Nicole lui a dit : très peu pour moi ! Il ne l'a pas fait, de toute façon, parce que José l'a vu vers minuit à Perpignan.
Il est donc venu la chercher à 20h. Il l'a emmenée bouffer directement à Perpignan, chez Josef, son "beau-père" ou "second père" ou "père de substitution" selon les versions privée, officielle ou officieuse, et selon l'humeur de l'intéressé ! Puisqu'on ne prenait pas Hélène au passage, elle aurait dû se douter qu'elle serait déjà sur place. Josef est un catalan pure race, extrémement simple et extrémement généreux. Il a engueulé Manuel parce que Manuel ne l'avait pas prévenu que nous arrivions (heureusement, ils n'étaient que quatre à table) sinon "il aurait fait à manger". Nicole ne savait pas très bien au juste ce qu'il entendait par là, car sur la table il y avait déjà un plat entier de charcuterie du pays (saucisses, jambon, boudin, etc...), un plat de beefsteaks de cheval avec haricots verts, un plat de rognons sauce madère... Il a fallu qu'elle goûte de tout, sinon elle aurait eu l'air d'une imbécile, et Josef qui lui demanda encore si elle voulait de l'omelette au fromage (non, non, merci, c'est très gentil).
A 22h ils sont allés voir la fête de la Saint Jean au Castillet. C'était très beau, magnifique. Elle a bien aimé lorsque les personnalités locales (maire, notamment) faisaient leur discours, Manuel se mettait à gueuler "On n'en a rien à foutre!" se faisant remarquer dans la foule. Là, elle était écroulée. Ensuite ils ont allumé les bûchers et il y a eu le feu d'artifice. Ils auraient dû partir après, mais Josef a tenu à danser la Sardane (la Sardine, comme dit Hélène) et là, Nicole a commencé à sentir la fatigue et à tirer la gueule "Arrête de ronchonner!" lui a dit Manuel (toujours très amoureux, d'ailleurs -elle s'est demandé comment il faisait!). Finalement, c'est Hélène qui l'a ramenée à Saint Cyprien. Il était plus de minuit, Josef voulait la réinviter pour le lendemain (non, merci beaucoup). Dans la voiture, elle a essayé de faire parler Hélène, mais le courant ne passait toujours pas. De toute façon, elle s'en foutait royalement. Autrefois, dix ans plus tôt, elle aurait peut-être fait des efforts, mais maintenant...
Nicole s'est réveillée à 9h, avec des coups de soleil sur les genoux et les chevilles, dûs à sa nouvelle activité cyclomotorique. En mettant les pieds par terre, elle s'est même demandée si elle allait pouvoir tenir debout.
A 10h, elle est allée chercher le Trio Infernal : Jerry l'Ourson, Sophie la Teigne et Béa la Maligne, pour aller avec eux à Elne, et filmer le cloître qu'elle n'avait pas pu voir la veille. Ce n'est que devant un bon verre de bière bien fraîche, à 11h, qu'elle s'est remise à vivre.
A 14h, José est venu la chercher, mais une fois à la plage, elle a refusé de se mettre avec les deux Marseillais. Leurs commérages l'emmerdent, et elle s'est mise à l'écart, un peu plus bas près de la mer. De toute façon, demain elle va passer la journée à Perpignan, et mardi prochain José l'emménera en Espagne. Dimanche, par contre, Manuel est pris de son côté...
Sophie a fini par avoir gain de cause. Elle est allée ce matin voir le directeur qui lui a refilé un appartement comme celui de Nicole. En fait, il s'agit d'une question de soleil : elle n'avait pas le soleil, elle était trop près de la rue, gnagnagna... Ce soir, c'est la Saint Jean. Manuel va venir la prendre à 20h30. Elle est sûre qu'il va vouloir emmener sa copine Hélène. Déjà, hier soir, il voulait aller se baigner à poil avec elle dans le port. Nicole lui a dit : très peu pour moi ! Il ne l'a pas fait, de toute façon, parce que José l'a vu vers minuit à Perpignan.
Il est donc venu la chercher à 20h. Il l'a emmenée bouffer directement à Perpignan, chez Josef, son "beau-père" ou "second père" ou "père de substitution" selon les versions privée, officielle ou officieuse, et selon l'humeur de l'intéressé ! Puisqu'on ne prenait pas Hélène au passage, elle aurait dû se douter qu'elle serait déjà sur place. Josef est un catalan pure race, extrémement simple et extrémement généreux. Il a engueulé Manuel parce que Manuel ne l'avait pas prévenu que nous arrivions (heureusement, ils n'étaient que quatre à table) sinon "il aurait fait à manger". Nicole ne savait pas très bien au juste ce qu'il entendait par là, car sur la table il y avait déjà un plat entier de charcuterie du pays (saucisses, jambon, boudin, etc...), un plat de beefsteaks de cheval avec haricots verts, un plat de rognons sauce madère... Il a fallu qu'elle goûte de tout, sinon elle aurait eu l'air d'une imbécile, et Josef qui lui demanda encore si elle voulait de l'omelette au fromage (non, non, merci, c'est très gentil).
A 22h ils sont allés voir la fête de la Saint Jean au Castillet. C'était très beau, magnifique. Elle a bien aimé lorsque les personnalités locales (maire, notamment) faisaient leur discours, Manuel se mettait à gueuler "On n'en a rien à foutre!" se faisant remarquer dans la foule. Là, elle était écroulée. Ensuite ils ont allumé les bûchers et il y a eu le feu d'artifice. Ils auraient dû partir après, mais Josef a tenu à danser la Sardane (la Sardine, comme dit Hélène) et là, Nicole a commencé à sentir la fatigue et à tirer la gueule "Arrête de ronchonner!" lui a dit Manuel (toujours très amoureux, d'ailleurs -elle s'est demandé comment il faisait!). Finalement, c'est Hélène qui l'a ramenée à Saint Cyprien. Il était plus de minuit, Josef voulait la réinviter pour le lendemain (non, merci beaucoup). Dans la voiture, elle a essayé de faire parler Hélène, mais le courant ne passait toujours pas. De toute façon, elle s'en foutait royalement. Autrefois, dix ans plus tôt, elle aurait peut-être fait des efforts, mais maintenant...
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